La semaine passée, seul un pourcent des Bruxellois de 12 à 17 ans a eu terminé sa procédure de vaccination, portant le total à 21 %, soit à deux à trois fois moins qu’ailleurs dans le pays. Au 30 août, 15% des jeunes Bruxellois étaient déjà complètement vaccinés, la rentrée scolaire qui devait permettre de vacciner un maximum de jeunes n’a donc permis qu’à 6 % d’entre eux d’être totalement couverts. Peut-on considérer cette donnée comme un échec ? Le cabinet de Bénédicte Linard s’en défend : «il faut le temps que la sensibilisation porte ses fruits, il y a d’abord la phase de sensibilisation et puis la phase de vaccination. En ce moment, ces deux phases coïncident. » Une sensibilisation en cours depuis plusieurs semaines, notamment avec la venue d’experts dans les écoles.

Lauriane Douchamps, porte-parole de la ministre Bénédicte Linard (Ecolo), la ministre en charge de l’Enfance et de la Santé, tient à apporter une précision importante, « c’est la Cocom qui est avant tout responsable de ce plan de vaccination, nous ne sommes qu’un support, bien que nous prenions part à ce plan ». Néanmoins, le cabinet ministériel semble conscient qu’il faudra du temps pour atteindre les objectifs fixés, et rappelle qu’il y a du travail à fournir dans la capitale. « Les efforts doivent s’intensifier à Bruxelles, pour le bien de la population dans son ensemble mais également pour le bien des enfants et des adolescents qui risquent de connaître un début d’année perturbé en cas de quarantaines ou de fermetures de classes à répétition. »

Aucune action connue en dehors des écoles

Mais concrètement, quels sont ces fameux efforts fournis par les autorités pour convaincre les jeunes de la capitale à se faire vacciner ? Car 5 % des Bruxelles entre 12 et 17 ans vaccinés le sont grâce à la campagne au sein des écoles. Lauriane Douchamps l’explique même « les écoles ne sont qu’une partie de la campagne, il faut voir cette stratégie sous un angle beaucoup plus grand. » Si les vaccibus ont fait l’objet d’une forte médiatisation, quels sont les moyens mis en œuvres pour cibler les jeunes en dehors des écoles ? A priori, pas grand-chose, voire rien. Pourtant, Yves Coppieters comme Emmanuel André ne cessent de répéter que la vaccination ne peut se faire que par un programme de proximité, avec des acteurs de terrain qui connaissent les réalités socio-culturelles des jeunes, et avec qui ils ont une relation de confiance. Les vaccibus, toujours selon les experts, ne répondent pas encore à ces critères. Reste à savoir si les maisons des jeunes, entités sportives, mouvements de jeunesse veulent et peuvent s’inscrire dans cette grande stratégie vaccinale, qui reste pour l’instant cantonnée aux écoles.