Trois ans ont été nécessaires à son fils, Marc, et au Cercle d’histoire de Bruxelles pour les trier

FOREST Avec son petit Zeiss Ikon (Ikonta 4,5x6), pas le meilleur des appareils photo mais certainement le plus pratique de l’époque, Jean d’Osta a pu immortaliser chaque fait le plus insignifiant qui fait la richesse d’une ville. “À son décès, nous nous sommes retrouvés à devoir trier cette somme de documents précieux dont aucun n’a été jeté. Le Cercle d’histoire de Bruxelles s’est intéressé à cette somme iconographique incomparable. Nous avons ainsi passé trois années complètes à trier et classer par rue pas moins de 10.000 photos prises dans le Pentagone.”

Comme il n’avait pas le sens commercial de l’homme d’affaires, d’Osta avait eu l’occasion de prêter des photos à des amis qui ont parfois malencontreusement oublié de les lui rendre. “Mon père n’était vraiment pas quelqu’un de stressé. Timide, au point de souffrir de parler en public, même quand il faisait un sketch de Jef Kazak (NDLR : en 1972 sortit un disque Decca : J.K., professeur de belles manières), il avait obtenu le droit de ne faire que ce qui lui plaisait. Il n’acceptait aucune contrainte de qui que ce soit. Il était né rue Longue-Vie et tenait à ce qu’elle le soit, longue. Il passa sa jeunesse dans le magasin ixellois de sa tante, Hélène, qui l’éleva comme son fils, sa mère à lui cherchant de petits boulots.”

Avec sa rubrique Les Pieds dans le plat , dans le Peuple , ou, à partir de 1952, avec Jef Kazak (NDLR : Louis Quiévreux, lui, signait ses billets en bruxellois Jef Lawaait dans La DH ), il lui arrivait d’écrire des choses qu’il n’aurait jamais pu publier dans un éditorial classique. “Un jour, il avait fait le pari avec son rédac’chef qu’il traiterait tel ministre de con. Pari tenu : il a truffé son papier de qu’on qui ne trompaient personne.”

Il retrouvait un autre ministre, le premier, Achille Van Acker, venant de Bruges et descendu du train à la gare du Midi, avec qui il papotait durant le trajet en tram jusqu’à la rue de la Loi.

Aujourd’hui, les traces de d’Osta et de Louis Quiévreux restent vivaces grâce à deux bas-reliefs placés contre l’église des Capucins, place du Jeu de Balle.



© La Dernière Heure 2009