Une épicerie pour les plus démunis

La nouvelle épicerie sociale et solidaire du CPAS a été inaugurée hier. Ces structures sont toujours plus nombreuses dans la Région.

Lisa Saoul
Photos Bernard Demoulin: Epicerie sociale 91 Av Sellier Moranville Brchem St Agathe
Photos Bernard Demoulin: Epicerie sociale 91 Av Sellier Moranville Brchem St Agathe ©© Bernard Demoulin

Le tube de dentifrice à 0,70 €, le pot de confiture à 0,60 €. Sur les étalages de la nouvelle épicerie solidaire du CPAS, les prix des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien dépassent rarement les 1 €. L’espace de 120 m2, situé au 91, avenue de Selliers de Moranville, a été inaugurée officiellement hier. Il ouvrira ses portes à partir de la semaine prochaine à raison de deux jours par semaines.

"Il ne s’agit pas de faire de la concurrence déloyale aux autres magasins. Ces produits sont destinés à être vendus aux plus démunis : ceux qui ont des revenus très bas, ceux qui sont dans une situation de perte de logement ou d’endettement. Il faut que le besoin soit justifié auprès des assistants sociaux", explique le directeur du CPAS Jean-François Culot (CDH).

Les rayons de l’épicerie sont approvisionnés à 70 % avec des produits achetés sur fonds propres au Colruyt mais également avec les invendus du marché matinal et des dons de Banque alimentaire et de l’ASBL Goods to give. À l’origine de ce projet, la volonté de Jean-François Culot de moderniser le travail social : "À l’inverse de la distribution de colis alimentaire, une telle épicerie respecte la dignité des personnes dans le besoin. Elle leur redonne l’opportunité de faire des courses avec une autonomie de choix. Les usagers restent des citoyens à part entière, même s’ils ont des difficultés d’ordre social."

La mise en place d’un lieu ne s’est pas faite à huis clos mais de manière participative. Un groupe pilote d’une quinzaine d’usagers a activement participé à la mise en place de l’épicerie solidaire : "Ils ont fait différents ateliers. Puis ils se sont prononcés sur les produits qu’il fallait avoir, les jours et les horaires d’ouverture", explique le coordinateur du projet Sébastien Van Daele.

Depuis plusieurs années , ce type de structure tend à se multiplier. La Région bruxelloise compte actuellement huit épiceries solidaires. Si une ASBL gère la plus emblématiques d’entre elles, celle des petits Riens à Ixelles; les communes se montrent aujourd’hui les plus intéressées pour implanter ces épiceries sur leur territoire. Lors de la dernière session d’information de la Fédération des services sociaux, de nombreux CPAS se sont montrés intéressés. "Il y a un besoin. Les organisations sur le terrain nous disent qu’il y a de plus en plus de demande alimentaire", note Deborah Myaux, coordinatrice de la concertation Aide alimentaire.


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