11 millions pour raser le viaduc Reyers

Jeudi, le gouvernement bruxellois validera la démolition de l’ouvrage d’art. Mais des tensions demeurent entre les partis de l’exécutif.

Mathieu Ladevèze
- Un avenir pour le viaduc Reyers ? Remise de l' avis de l'administration bruxelloise au ministre bruxellois Pascal Smet - Mogelijke afbraak van het Reyersviaduct ? Overhandiging van het advies van de Brusselse administratie over de mogelijke afbraak van het Reyersviaduct aan Brussels minister Pascal Smet 25/8/2014 pict. by Christophe Licoppe © Photo News
- Un avenir pour le viaduc Reyers ? Remise de l' avis de l'administration bruxelloise au ministre bruxellois Pascal Smet - Mogelijke afbraak van het Reyersviaduct ? Overhandiging van het advies van de Brusselse administratie over de mogelijke afbraak van het Reyersviaduct aan Brussels minister Pascal Smet 25/8/2014 pict. by Christophe Licoppe © Photo News ©Photo News

Jeudi, le gouvernement bruxellois validera la démolition de l’ouvrage d’art. Mais des tensions demeurent entre les partis de l’exécutif


Ce jeudi, le gouvernement bruxellois décidera de la démolition ou de la rénovation du viaduc Reyers. Il ne fait nul doute que la démolition, proposée par le ministre bruxellois en charge de la Mobilité, Pascal Smet (SP.A), sera validée par les membres du gouvernement. Mais peut-être pas en première lecture…

Les enjeux de l’un des symboles du tout à la voiture vénéré par les bâtisseurs bruxellois des années septante dépassent en effet largement la simple destruction du viaduc.

Selon l’étude demandée par le cabinet Smet, la démolition du viaduc coûte 11 millions d’euros TVAC. En ce compris le renforcement de la dalle de couverture du tramway (solidaire du viaduc) menant à Meiser et le réaménagement sommaire d’un boulevard en surface jusqu’à Meiser. La rénovation du viaduc est quant à elle estimée à environ 8 millions d’euros : les quatre millions d’euros annoncés par Pascal Smet voici quelques semaines plus environ 4 millions pour les travaux complémentaires.

Cette somme ne prend pas en compte le coût d’entretien annuel de l’ouvrage d’art. Il va de soi que ces 11 millions d’euros constituent une paille dans le budget Travaux de la Région bruxelloise.

Inimaginable, donc, que le gouvernement avance l’argument financier pour retoquer la proposition du ministre flamand.

D’autant que la démolition du viaduc permettrait peut-être de faire une autre très belle économie. Qui dit en effet que, une fois le viaduc rasé, le trafic automobile en surface ne sera pas tout simplement supportable pour les navetteurs et les riverains.

Le hic ? Le tout frais gouvernement bruxellois a validé l’aménagement d’un tunnel tram-voiture sous la place Meiser. Dont coût : 224 millions d’euros. Le début du chantier est prévu pour 2019 au plus tôt.

Si le tunnel pour un tramway ne souffre aucune remise en question, l’abandon de celui réservé aux voitures permettrait d’économiser environ 130 millions d’euros.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est sur ce dernier point que les frictions apparaissent au sein du gouvernement bruxellois. Deux camps s’affrontent. Les socialistes et l’Open VLD prônent la mise en route du chantier du tunnel sous la place Meiser en même temps ou juste après la démolition du viaduc. Tandis que du côté du CDH, du FDF (et du CD&V), certaines voix s’élèvent pour marquer un temps de réflexion sur l’aménagement futur de l’un des axes les plus fréquentés de la capitale.

Leurs arguments ? Primo : engager les deux chantiers en même temps ou l’un juste après l’autre paraît inimaginable en termes de mobilité et de qualité de vie des riverains. Deuzio : cette piste serait intenable sur le plan financier puisque la priorité du gouvernement est plutôt d’investir dans le métro.

Autre souci de taille : Beliris (fonds fédéral qui finance les grosses infrastructures liées à la mobilité et les acquisitions foncières à Bruxelles) devrait changer de mains. Géré par le PS depuis de nombreuses années, ce fonds devrait passer dans le giron d’un libéral bruxellois, toujours dans l’opposition bruxelloise. Tertio : ces 130 millions d’euros récupérés pourraient être réaffectés à d’autres projets dès lors jugés plus utiles.

Si elle est actée ce jeudi matin, la démolition du viaduc Reyers ne devrait néanmoins pas démarrer le mois prochain. Le chantier en tant que tel durera plusieurs mois.

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