Faire appel aux pompiers, ce n’est pas gratuit! Découvrez les nouveaux tarifs des interventions

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, faire appel aux pompiers n’est pas toujours gratuit.Depuis le 2 janvier, le Service d’incendie et d’aide médical urgente (Siamu) applique de nouvelles règles et tarifs pour certaines prestations. Découvrez les prix dans notre infographie!

N. G.
Faire appel aux pompiers, ce n’est pas gratuit! Découvrez les nouveaux tarifs des interventions
©Lecocq

Depuis peu, une personne qui appelle simplement les hommes du feu est susceptible de payer la note.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, faire appel aux pompiers n’est pas toujours gratuit. Certes, certaines interventions le sont toujours comme la lutte contre les incendies, les explosions ou les événements calamiteux et les catastrophes. Mais depuis le 2 janvier, le Service d’incendie et d’aide médical urgente (Siamu) applique de nouvelles règles et tarifs pour certaines prestations.

Ainsi, l’arrêt d’une sonnerie d’alarme, l’intervention sur un animal, la débouchage d’un égout ou le dégagement de la voie publique est facturé 195 €/h. Pour la destruction d’un nid de guêpes, c’est moins cher : 145 €/h. Les prestations les plus chères grimpent à 280 €/h. C’est le cas de l’aide aux personnes bloquées dans un ascenseur ou de l’enlèvement de briques ou de gouttières qui menacent de s’effondrer.

Voilà pour certaines interventions dites standard. Pour les interventions non standards, les redevances varient entre 55 €/h, pour le prêt d’un conteneur benne et 180 €/h, pour l’envoi d’une autopompe. Le matériel utilisé ainsi que les officiers présents seront également facturés.

Pas simple, donc, de s’y retrouver dans une facture qui peut rapidement s’avérer assez salée! Pas simple non plus de savoir qui doit payer la note! Là aussi, les choses ont changé depuis l’entrée en vigueur, le 2 janvier, du nouvel arrêté.

Si l’intervention payante se trouve sur l’espace public, celui-ci stipule que c’est "l’autorité publique gestionnaire de la voirie concernée, ou la zone de police concernée si l’intervention est effectuée à la demande d’un service de police" qui paye la facture. Voilà qui au final, pourrait grever le budget communal (les zones sont financées au 2/3 par les communes). La mesure inquiète en tout cas les bourgmestres bruxellois.

Pour les interventions dans un lieu privé, c’est en toute logique le propriétaire ou son exploitant qui paye. Si l’intervention concerne un animal, le redevable est la personne qui en a la garde ou, à défaut, le propriétaire de celui-ci. Le hic, c’est que si l’on ne trouve personne pour régler l’addition, celle-ci peut être réclamée "à la personne qui a demandé l’intervention" (lire ci-dessous).

On y réfléchira donc à deux fois avant d’appeler pour le petit chat coincé dans un arbre ou pour faire taire l’infernale l’alarme du voisin qui se déclenche tout le temps.


"Les particuliers ne vont plus appeler"

Emir Kir s’inquiète de la conséquence du nouvel arrêté sur le citoyen et les finances communales.

Le nouvel arrêté sur les redevances du Siamu inquiète les bourgmestres. Le sujet a été discuté, lors de la conférence des 19 maïeurs bruxellois de mercredi passé. Ils ont, dans la foulée, décidé d’envoyer un courrier à la secrétaire d’État en charge du Siamu, Cécile Jodogne (FDF).

Le sujet de leurs inquiétudes ? L’article 11 du nouvel arrêté relatif aux redevances à percevoir en contrepartie des services rendus par le Siamu. Il précise que, dorénavant, c’est à l’autorité publique gestionnaire de la voirie concernée à payer la facture. Si c’est la police qui passe l’appel, c’est à la zone de payer. Une situation inédite qui pourrait peser lourd dans le budget communal...

"Je crains le surcoût de cet arrêté pour les communes. Il décharge la Région dans le cas, très fréquent, où c’est la police qui fait appel aux pompiers, même sur une voirie régionale", explique Emir Kir (PS) bourgmestre de Saint-Josse.

Et comme les zones sont en grande partie financées par les communes… "A notre sens, c’est un report sur les communes de l’intérêt général. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé de pouvoir avoir une discussion avec la secrétaire d’État" , précise-t-il.

Autre souci de l’arrêté, selon le bourgmestre socialiste : la possibilité de faire payer la note à la personne qui appelle la centrale 100. "Je crains que cela n’ait un effet négatif et que les particuliers n’hésitent, dès lors, à appeler, même si la situation l’exige", conclut Emir Kir.


10 cruciales minutes perdues

Le nouveau plan de mobilité de la Ville n’est pas du goût des pompiers de l’Héliport. En cause : la fermeture de la rue de Laeken avec des plots en béton à hauteur de la petite ceinture. Le trajet était emprunté par les services de secours lors d’interventions sur Anderlecht. "On perd jusqu’à dix minutes lors de nos sorties, alors que chaque seconde compte", déplore Pierre Meys, porte-parole des pompiers de Bruxelles. L’échevine de la Mobilité, Els Ampe (Open VLD), s’étonne : "Nous avons reçu fin janvier un courriel des équipes d’intervention disant qu’il n’y avait pas de problème. Mais s’il y en a un, nous allons trouver une solution".

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