Faire venir des policiers du Maroc ? "Insultant !"

Julie de Groote (cdH) tacle Jan Jambon (N-VA) et rappelle que l’on compte encore trop peu de Bruxellois au sein des effectifs policiers.

Pa. D.
Faire venir des policiers du Maroc ? "Insultant !"

Julie de Groote (cdH) tacle Jan Jambon (N-VA) et rappelle que l’on compte encore trop peu de Bruxellois au sein des effectifs policiers.

En début de semaine, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a annoncé que des agents de police marocains travailleront dans certains quartiers de Bruxelles et d’Anvers l’année prochaine. Ces policiers seront réquisitionnés dans des quartiers faisant face, depuis longtemps, à des problématiques d’inégalité des chances et à la présence de prédicateurs radicaux. "C’est connu que nos agents ne réagissent pas toujours de la meilleure manière lors des interventions dans certains quartiers. C’est tout simplement culturel", avait notamment commenté le ministre.

Une phrase qui a fait bondir la présidente du parlement francophone bruxellois Julie de Groote (cdH). "Quand il dit que c’est culturel, je trouve cela insultant et stigmatisant. En quoi un policier du Maroc serait-il plus à même de comprendre des situations bruxelloises ? En quoi un policier du Maroc comprendrait-il mieux un jeune Belge issu de la diversité vivant à Molenbeek ? Parce qu’il y a une même origine ethnique ? De nombreux Bruxellois se disent choqués des raisons de cet accord de coopération", lâche l’humaniste.

Aux yeux de Julie de Groote, les déclarations de Jan Jambon sur le sujet seraient également inquiétantes. "Selon lui, nos policiers ne réagiraient pas toujours de la meilleure manière dans certains quartiers. Si le policier de Brasschaat se sent complètement perdu à Bruxelles, c’est quand même inquiétant. Si le policier est acculturé de la population avec laquelle il est censé créer un lien de proximité, il y a un problème !", commente l’Ixelloise, qui estime par ailleurs que la police marocaine n’a pas de leçons à donner en matière de respect de la démocratie et de rapport avec la population.

Dans ce contexte, l’humaniste juge également bon de rappeler qu’il n’y a pas suffisamment de Bruxellois au sein de la police bruxelloise (voir ci-dessous). On en recense, en effet, que 8 % au sein des six zones de police de la capitale. "Au lieu de faire venir des policiers du Maroc pour montrer à nos forces de police comment intervenir dans les quartiers, faisons simplement correspondre notre police à la population bruxelloise ! Actuellement, la police n’est pas le reflet de la population."

La présidente du parlement francophone bruxellois estime qu’il est donc de la responsabilité de Jan Jambon de faire en sorte que les jeunes Bruxellois parviennent à rentrer dans la police. "Il n’y a pas un manque d’envie ni un manque de candidats. Ce qui rend d’ailleurs ce constat d’autant plus affligeant ! Outre le fait d’avoir une police en phase avec sa population, on peut y voir un vivier important d’emplois même si ce n’est pas l’objectif premier."

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