Molenbeek: près de 60 familles suivies par la cellule anti-radicalisme

Depuis sa mise en place en 2015, la cellule anti-radicalisation de Molenbeek a traité une soixantaine de dossiers individuels

J. Th.
Molenbeek: près de 60 familles suivies par la cellule anti-radicalisme
©reporters

Depuis sa mise en place en 2015, la cellule anti-radicalisation de Molenbeek a traité une soixantaine de dossiers individuels sur l'ensemble de la zone de police Bruxelles-Ouest.

”On est quand même à une soixantaine de dossiers. Des dossiers qui peuvent être des suivis intensifs ou du suivi ponctuel. On parle ici de cas touchant de manière large au radicalisme. Ce ne sont pas des jeunes qui sont prêts à passer à l’acte. Ce sont des jeunes pour lesquels les parents s’inquiètent parce qu’il y a un changement de comportement”, explique le fonctionnaire de prévention de Molenbeek, Olivier Vanderhaeghen, au sujet du travail effectué par la cellule antiradicalisme mise en place en 2015 dans sa commune. Une équipe réduite à quatre personnes et qui travaille à la fois sur des problématiques collectives et individuelles.

“Au niveau du radicalisme, on travaille en synergie avec les autres communes et en fonction des réalités locales. La bourgmestre nous a autorisé à faire du suivi individuel, ce qui n’est pas le cas dans toutes les communes. Il s’agit de suivi de familles ou de jeunes qui sont dans un processus de radicalisation. Dans les grandes communes, je sais en tout cas que Bruxelles-ville fait ce suivi. On est assez proche au niveau de notre méthodologie”, explique celui qui dirige le service Prévention de l’entité, qui compte 150 travailleurs.

La cellule anti-radicalisme molenbeekoise compte quatre personnes : le chargé de projet radicalisme, surnommé parfois Monsieur radicalisme, qui est sociologue de formation, un psychologue, une personne chargée de l’insertion socioprofessionnel et donc le fonctionnaire de prévention. “Si on avait deux personnes en plus, cela serait beaucoup plus adéquat. Je pense à des assistants sociaux travaillant sur des objectifs plus communautaires ou collectifs, pas à du suivi individuel. On pourrait travailler avec le réseau associatif, les écoles. Ici, on est tous un peu polyvalent, puisqu’on fait le travail de suivi individuel et collectif”, constate Olivier Vanderhaeghen, qui précise que la cellule molenbeekoise est la seule de Belgique à travailler sur l’ensemble des communes situées dans sa zone de police (Ici Jette, Ganshoren, Koekelberg et Berchem).

Il n’y a pas de modèles exacts à suivre pour un suivi. Parfois, les parents viennent seuls, ils disent ‘moi je ne souhaite pas que mon fils sache que je suis venu vous voir parce qu’aussi non le contact peut être complètement rompu’. Chez d’autres parfois, il est possible de créer du lien, et les parents viennent avec leur fils. On peut essayer de le prendre en charge. Toutes les situations sont vraiment très différentes et spécifiques et il n’y a pas vraiment de points communs à tout cela. On essaie toujours de travailler avec la personne qui a le lien de confiance avec le jeune ou la famille. On fait toujours de la co-intervention. On est amené parfois à coacher des enseignants, à intervenir avec les directions, avec un autre travailleur social ou quelqu’un d’une association de terrain”, poursuit le fonctionnaire de prévention.

Le travail de la cellule a en tout cas permis d’empêcher un certain nombre de départs vers la Syrie, selon l’entité. “Parfois, on a pu arriver à arrêter des départs, mais parfois, ce sont des gens qui viennent parce qu’il y a eu un départ. C’est trop tard, on peut toujours essayer d’informer. Ce sont des situations très dramatiques. Il n’y a pas de contact actuellement avec quelqu’un là-bas. Avec tout ce qui se passe là-bas, c’est très difficile. Je pense que le premier type de contact qui peut être renoué, c’est avec la mère. Et la mère peut venir nous trouver, mais c’est très compliqué de les faire revenir de là-bas. On ne connaît jamais leurs intentions non plus hein”, indique Olivier Vanderhaeghen.

Six communes bruxelloises ont recruté un Monsieur ou une Madame Radicalisme

La lutte contre la radicalisation religieuse, celle visant à détecter les éventuels départs vers la Syrie et à prévenir ceux-ci, est en grande partie menée au niveau local. Les communes ont une responsabilité énorme sur les épaules et les plus concernées par la problématique ont donc reçu des subsides fédéraux pour engager un chargé de projet radicalisme, surnommé parfois Monsieur radicalisme. Au final, six communes bruxelloises ont recruté un chargé de projet radicalisme : Anderlecht, Bruxelles-ville, Molenbeek, Schaerbeek, Saint-Gilles et Forest. C’est dans cette dernière entité que le recrutement est le plus récent, remontant seulement au début de l’année 2016. Ce sont les communes elles-mêmes qui ont déterminé le profil recherché, mais aussi les missions de ce fonctionnaire d’un type nouveau. À noter : au moins deux femmes exercent actuellement cette fonction un peu particulière.



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