Une centaine de sans-papiers expulsés

Les occupants de la résidence Balmoral n’ont été avertis par la commune que la semaine dernière.

S. N.
sdf rue de l abbaye ixelles
sdf rue de l abbaye ixelles ©Bauweraerts Didier

Les occupants de la résidence Balmoral n’ont été avertis par la commune que la semaine dernière.

Après avoir été expulsées d’un immeuble qu’ils occupaient à Schaerbeek, le 17 novembre dernier, 110 personnes sans-papiers déposaient leurs maigres bagages au numéro 10 de la rue de Saint-Georges. La résidence Balmorale, une ancienne maison de repos, était alors inoccupée depuis deux ans.

Malgré le travail réalisé avec le Samu social, l’ASBL Bij Ons, le CPAS et surtout la convention d’occupation précaire signée avec la commune, permettant aux sans-papiers de rester jusqu’au 31 avril, les occupants ont reçu le 24 mars dernier l’obligation de quitter les lieux pour ce vendredi, soit à peine une semaine plus tard.

"La bourgmestre a décidé de les expulser sous couvert de l’insalubrité et de l’inhabitabilité du logement. On se rend compte que le politique, sous couvert de logements inadaptés, se permet d’expulser ces personnes et ne propose pas de solution de relogement. Au lieu de travailler sur une véritable politique d’accueil, le politique pose des actes de rejet", dénonce Anne, une enseignante de l’IESSID, dont les locaux se situent à proximité de la résidence Balmoral.

Suite à l’avis d’expulsion reçu la semaine dernière, un représentant des occupants était venu se présenter à des étudiants de l’IESSID afin d’appeler au soutien. En effet, l’établissement scolaire est en train de développer un projet avec plusieurs sans-papiers aux talents artistiques.

Du côté de la bourgmestre Dominique Dufourny (MR), on assure que mettre fin de manière anticipée à la convention d’occupation était inévitable. "Un rapport favorable du SIAMU constituait une condition nécessaire à la poursuite de l’accord entre les parties signataires. Or, deux visites de contrôle ont été effectuées par les pompiers et chacune s’est conclue par un constat de non conformité des lieux et des installations électriques. Ma responsabilité étant engagée en cas d’accident ou d’incendie, je me voyais donc dans l’obligation d’exiger la fin d’occupation ce 31 mars", se défend l’élue libérale.

Selon les autorités communales, les frais de remise aux normes des lieux s’élèveraient à 35.000 €.

Ce vendredi soir, c’est donc une centaine de personnes, dont des familles, qui se retrouvent encore une fois à la rue. À l’heure d’écrire ces lignes, aucune solution provisoire de relogement n’avait encore été trouvée.


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