Molenbeek : La cellule antiradicalisme pourrait être réduite de moitié

Le non-renouvellement par le fédéral d’un subside de 150.000 € pourrait obliger Molenbeek à ne pas reconduire le contrat de deux des quatre membres de l’équipe.

Julien Thomas
Molenbeek Saint Jean , Belgium April , 21/2015 Molenbeek Saint Jean / Sint Jan Molenbeek City / Communal House / municipality / population / people / residents / On this picture : Molenbeek / place Communale / gemeente plein / Communal House / municipality © Reporters / Michel Gouverneur Reporters / GOUVE
Molenbeek Saint Jean , Belgium April , 21/2015 Molenbeek Saint Jean / Sint Jan Molenbeek City / Communal House / municipality / population / people / residents / On this picture : Molenbeek / place Communale / gemeente plein / Communal House / municipality © Reporters / Michel Gouverneur Reporters / GOUVE ©Reporters / GOUVE

Le non-renouvellement par le fédéral d’un subside de 150.000 € pourrait obliger Molenbeek à ne pas reconduire le contrat de deux des quatre membres de l’équipe.

"Le fédéral n’avait jamais fait de fausses promesses, mais on espérait quand même que le subside serait reconduit. La prévention, c’est du travail à long terme, ce n’est pas comme un bâtiment à construire. On se voit cette semaine avec la bourgmestre (NdlR : Françoise Schepmans (MR)) et le chef du service prévention (NdlR : Olivier Vanderhaeghen) pour voir comment on va pallier ces 150.000 € de subsides", explique l’échevine molenbeekoise de la Prévention Sarah Turine (Écolo), alors que le cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon (NVA) a confirmé la semaine dernière la non-reconduction d’un subside d’un million octroyé en 2015 en faveur des dix communes belges les plus touchées par le phénomène des départs en Syrie.

La lutte contre la radicalisation religieuse, celle visant à détecter les éventuels départs vers la Syrie et à prévenir ceux-ci, est en grande partie menée au niveau local. Les communes ont une responsabilité énorme sur les épaules, et il faut les soutenir le mieux possible. C’est ainsi que Jan Jambon avait annoncé, lors d’une visite à Molenbeek en septembre 2015, le renforcement des moyens financiers en faveur des entités belges les plus concernées par la problématique.

Quatre entités flamandes, deux de Wallonie, et Molenbeek, Anderlecht, Bruxelles-Ville et Schaerbeek au niveau bruxellois ont ainsi vu le subside fédéral leur ayant permis de recruter un chargé de projet radicalisme passer de 40.000 à 60.000 €. Une enveloppe d’un million d’euros permettant le financement de différents projets visant à lutter contre le radicalisme sur le terrain était également débloquée. La décision du ministre de l’Intérieur de ne pas renouveler cette somme met aujourd’hui en péril le travail de la cellule antiradicalisme de Molenbeek. Deux des quatre membres de l’équipe, un psychologue et une personne chargée de l’insertion socioprofessionnelle risquent ainsi de voir leur contrat ne pas être prolongé, faute de moyens financiers.

"On a une réunion cette semaine pour voir ce que l’on va faire. L’objectif est de voir dans quelle mesure on pourra les prolonger. La situation montre en tout cas que le financement de la prévention n’est pas encore optimal, quel que soit le niveau de pouvoir. Mais pour moi, le problème est bien plus large que le radicalisme. Le défi qui est extrêmement important, c’est celui du soutien à l’insertion de notre jeunesse. Il y a par exemple une demande chez de nombreux parents pour qu’il y ait une étude à l’école pour leurs enfants. Cela demande des moyens que la commune ne peut pas supporter toute seule", insiste, quant à elle, Françoise Schepmans (MR).

De son côté, le cabinet de Jan Jambon assure avoir toujours été clair sur le non-renouvellement de ce million d’euros de subside, soulignant que les 60.000 € seront bien versés aux communes concernées. Un an après les attentats du 22 mars, alors que la problématique de la radicalisation reste plus que jamais d’actualité, la décision du ministre de l’Intérieur ne passe pas auprès de plusieurs des communes bruxelloises.

C’est ainsi que, du côté de Schaerbeek, qui avait touché 100.000 €, la chargée pour la prévention violente ne cache pas son incompréhension. "Compte tenu de l’ampleur de l’enjeu, c’est difficile à comprendre. Schaerbeek est la deuxième commune la plus jeune du pays, la troisième la plus pauvre et la sixième en matière de nombre d’habitants. La problématique de la radicalisation est un défi gigantesque et qui impacte l’ensemble de notre société", insiste-t-elle.

"Cela bénéficie au-delà de la commune"

Alors que la cellule anti-radicalisme molenbeekoise, entre autres financée par le subside fédéral, a notamment suivi et aidé soixante familles concernées par la problématique, l’équipe schaerbeekoise a également pu multiplier de nombreux projets grâce aux 100.000 € de Jan Jambon. "Ce subside a permis l’engagement d’une seconde personne à plein-temps, indispensable pour renforcer la cellule de prévention radicalisation, composée initialement d’une personne. Cela a aussi été utilisé pour soutenir le travail d’information et de sensibilisation des acteurs locaux et de la population, en particulier les jeunes et les familles, et en s’appuyant sur la force du témoignage. Ce financement a permis de soutenir des actions qui répondent aux attentes sur le terrain et leur financement bénéficie au-delà de la commune", explique la chargée de projet.

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