L’ancien patron européen d’Uber encerclé par des taximen à la Gare du Midi (VIDEO)

Mark McGann a été encerclé ce mardi par une quinzaine de taximen à la Gare du Midi.

Pa. D.

Trois chauffeurs de taxi ont été emmenés au commissariat. Mark McGann entend déposer plainte.

Cela fait bientôt deux ans que Mark McGann ne travaille plus pour Uber même s’il reste actionnaire de la firme californienne. Les taximen bruxellois reconnaissent cependant toujours bien son visage. “Je suis très souvent à la Gare du Midi pour des trajets à Londres et à Amsterdam. Les insultes sont monnaie courante mais cela ne va pas plus loin d’habitude…”, nous explique l’ancien patron européen d’Uber.

Mais ce mardi, Mark McGann ne s’en cache pas : il a eu la peur de sa vie. “Comme cela fait quelques semaines qu’il y a des agressions de chauffeurs Uber à la Gare du Midi, mon chauffeur m’attendait au pied de la Tour du Midi. En marchant, j’ai vu des taximen faire sortir de force un passager d’un véhicule Uber. Quand ils m’ont vu, ils ont crié mon nom”, raconte notre interlocuteur.

L’ancien lobbyiste est rentré en vitesse dans la voiture. “Les trois meneurs qui réalisaient des contrôles ont été rapidement rejoints par une douzaine d’autres chauffeurs de taxis qui ont encerclé la voiture. Ils hurlaient des menaces en tapant sur les vitres. J’ai eu une trouille bleue que cela dégénère”, confie-t-il.

Ne parvenant pas à joindre la police, il partage sa mésaventure sur Twitter en demandant de l’aide. “Deux patrouilles de police sont arrivées sur les lieux. Ils ont interpellé les trois meneurs. Je vais porter plainte car j’en ai marre d’avoir peur alors qu’on est en Belgique, dans un état de droit. C’est la première fois que j’agis de la sorte, mais c’était la goutte d’eau…”

Lorsqu’il dirigeait Uber en Europe, Mark McGann recevait régulièrement des menaces. “À l’époque, j’avais même des gardes du corps car je recevais des menaces d’enlèvement. Encore aujourd’hui, je ne sors plus dans le centre-ville de Bruxelles le soir car il y a énormément de jeunes taximen qui sont parmi les plus virulents.”

Du côté de la zone de police Midi, on confirme être intervenu en début d’après-midi pour un problème d’entrave à la circulation. “Les taximen voulaient que l’on contrôle le chauffeur Uber. Mais à part un contrôle routier habituel, on ne peut rien faire. Et il n’y a aucune base légale pour empêcher un chauffeur Uber de circuler. Nous avons emmené trois chauffeurs de taxi au commissariat afin de calmer la situation. C'est particulièrement tendu ces derniers temps entre les chauffeurs Uber et les taximen”, indique Dorothee Cattrysse, porte-parole de la zone de police.

Pour rappel, les taxis déplorent une concurrence déloyale de la part des chauffeurs Uber qui ne respectent pas la législation bruxelloise sur le transport rémunéré de personnes qui stipule notamment que les prestations de service de location de voitures avec chauffeur nécessitent un contrat écrit préalablement de trois heures minimum pour un prix minimum de 90 €.

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