Mandy et Inaraï dénoncent des violences policières: "Ils m'ont soulevée par les menottes et jetée dans la voiture" (VIDÉO)

Dans la nuit de samedi à dimanche, sur le parvis de Saint-Gilles, Mandy et Inaraï se font accoster de manière grossière par un homme en terrasse. Les policiers interviennent et interpellent finalement les jeunes femmes qu'ils jugent survoltées et irrespectueuses. Les étudiantes dénoncent des violences policières qui ont entrainé des contusions et une cassure du poignet.

Mandy et Inaraï ont toutes les deux le bras en écharpe. Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, elles ont été victimes de violences policières lors d'une interpellation qu'elles jugent injuste. Les représentants de la zone de police contestent ces violences et, au contraire, accusent les jeunes filles d'actes de rebellion.

Pour les deux étudiantes âgées de 19 à 20 ans, "il n'y a pas de rebellion, seulement de l'auto-défense".

Les deux amies, encore choquées, relatent les faits. Sur le parvis de Saint-Gilles, elles déambulent avec une troisième copine. Il est une heure du matin et elles sortent de la brasserie Verschueren qui vient de fermer. Sur la terrasse d'un autre établissement, la brasserie Marius, un homme leur tient des propos sexistes. "Je lui ai dit qu'il n'avait pas à nous parler comme ça, raconte Mandy. Je vois une voiture de police et je leur demande de l'aide. Pendant ce temps là, l'homme à la terrase continue de m'insulter. Une des femmes policières, habillée en civil, est sortie de la voiture et m'a dit "mets ton masque, mets ton masque". Comme je ne l'avais pas elle m'a demandé ma carte d'identité, je ne la trouvais pas non plus. Elle m'a pris par la nuque et m'a plaquée contre la vitre de la brasserie et m'a mis des claques. J'ai voulu me défendre. Un policier était près de moi et un autre policier est arrivé. Il m'a pris par les bras en arrière. J'ai eu mal, j'ai crié. Ils m'ont jeté dans le couloir du commissariat. J'ai beaucoup pleuré et je ne savais pas ce qu'il se passait dehors. Je voulais passer un appel. Ils ont refusé. Ils m'ont dit aussi qu'ils n'avaient pas le temps de prendre ma déposition. Je suis rentrée à pied à 3h30 du matin environ..."

Pendant la garde à vue de Mandy, l'altercation se poursuit dans la rue. Inaraï est interpellée à sont tour. "Pendant qu'ils violentaient mon amie, je criais "lâchez-la, lâchez-la", explique Inaraï. Un policier m'empêchait de passer. On m'a dit de ne pas crier, de me calmer, de penser aux voisins et de mettre mon masque. J'ai entendu la policière blonde ordonner "on l'embarque" mais je ne sais pas pourquoi. Je ne me suis pas laissée faire, Je les ai repoussé c'est vrai mais ils nous ont agressé d'une telle manière..."

Pour la jeune femme, les événements sont flous. "Je vivais la scène, je ne la voyais pas de l'extérieur. J'ai des souvenirs de sensations". Ce sont des témoins qui lui ont rappelé le déroulement de l'action. "Ils m'ont mise par terre, la tête par terre, avec un genou sur ma nuque. Ils m'ont fait une clé de bras et m'ont mis les menottes. Puis, ils m'ont soulevée par les menottes et jetée dans la voiture. J'ai eu super mal, je pense que c'est là que mon poignet s'est cassé."

Inaraï a été emmenée en cellule au commissariat d'Anderlecht. "Je n'ai pas pu passer de coup de fil non plus. Je ne savais pas où j'étais ni ce que je faisais là". Un agent m'a même dit "les singes restent en cage"."

Vers 4h30 du matin, la jeune femme est transférée à l'hôpital. Elle a le poignet cassé et une foulure du coude. Mandy souffre d'une contusion au niveau de l'épaule. Elles ont décidé de porter plainte et font un appel aux témoignages pour corroborer leurs dires. Elles ont d'ailleurs mis en ligne sur Facebook des vidéos de l'altercation.

Du côté de la zone de police la version diffère. "Lors d'une patrouille, ils sont intervenus, indique Gabriele Evangelisti, commissaire de la zone de police Midi. Ils ont recadré l'homme qui avait des propos sexistes envers les jeunes femmes, vêtues en effet de tenues courtes et légères. Ils ont même poussé les jeunes femmes à porter plainte contre l'homme désobligeant. Les policiers ont demandé aux jeunes femmes leur masque, leur carte d'identité. Elles n'en avaient pas et ont commencé à se rebeller. Elles ont insulté les agents . Elles ont donné un coup de pied à un policier. Elles étaient survoltées. Il n'y a pas eu de violences policières. Lorsqu'on maîtrise des personnes survoltées, elles peuvent se blesser. Une jeune femme est tombée."

Et de pousuivre à propos des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux : "C'est un petit extrait, précise le commissaire. On ne voit pas l'ensemble de l'intervention. On ne voit pas comment les filles insultent les forces de l'ordre. Pourtant nous avons également des témoignages dans ce sens". Le commissaire souhaite des bodycam afin "de travailer en toute transparence". Des procès verbaux pour rebellion ont été déposés. L'enquête judicaire est en cours.

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