4 592 demandes d’aide en un an au numéro vert pour les urgences sociales à Bruxelles

Il y a un an, face au coronavirus, la Belgique se confinait pour la première fois. Peu après à Bruxelles, la Fédération des Services Sociaux (FDSS) mettait en place un numéro gratuit pour répondre aux urgences sociales engendrées par la crise.

S.E.M

Le numéro vert bruxellois 0800.35.243 a été mis sur pied par le secteur social associatif le 30 mars 2020, aux premiers jours du confinement. Il n’a jamais cessé ses activités depuis. Il permet aux personnes en difficulté d’être mises en contact avec des travailleuses et des travailleurs sociaux. Il propose et organise, si l’appelant(e) le souhaite, un relais le plus direct et personnalisé possible au sein des secteurs de l’aide sociale/santé. Il prodigue également de l’information sur les droits sociaux des personnes.

En dix mois d’activité, le n° vert a reçu 3 609 appels dans lesquels s’exprimaient 4 592 demandes d’aide ou d’information. Un chiffre élevé, mais qui ne surprend pas compte tenu du niveau de pauvreté de la Région bruxelloise, pointe la FSDD. C’est dans la capitale que les indicateurs de la pauvreté sont les plus élevés : risque de pauvreté sur base du revenu, niveau de privation matérielle et sociale, faible intensité d’emploi des ménages, etc.

Les appels concernant une difficulté pour se nourrir ou se loger en constante augmentation

L’insécurité alimentaire et la faim touchent des publics de plus en plus nombreux : 1 appel sur 4 au n° Vert concerne une demande d’aide alimentaire et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les étudiants, les personnes sans-papiers, les travailleurs pauvres, les familles monoparentales ainsi que les personnes âgées sont les plus concernés.

Le logement figure aussi parmi les préoccupations dont l’intensité a augmenté au fur et à mesure de l’évolution de la pandémie. Les problématiques du logement et du sans-abrisme représentent 11,6% des demandes reçues entre le 26 octobre et le 31 janvier, contre 7,4% des demandes lors du deuxième bilan des appels (7 juillet-23 octobre). Les appels concernent la crainte de perdre son logement, le coût des loyers ou encore l’inadaptation des logements à la situation pandémique créant des conséquences pour la santé physique et mentale des habitants et des habitantes.

En toile de fond de ces constats, la situation financière des personnes fait partie des inquiétudes en progression depuis le début du premier confinement. 23,6% des appelants exposent une difficulté liée à leur revenu, à leur emploi, à la situation financière générale de leur ménage ou à un endettement. C’est un pourcentage en augmentation par rapport à la période précédente où ce nombre d’appels s’élevait à 18%. Ces appels révèlent au moins deux choses, indique la FDSS : premièrement, pour beaucoup de personnes, les revenus de remplacement ne suffisent plus. Deuxièmement, la difficulté, voire l’impossibilité d’accès aux services crée de la précarité.

Intervenir en amont pour éviter le basculement des personnes dans la précarité

Cette situation conforte la FDSS dans sa volonté de redimensionner l’action sociale au plus près des personnes et des quartiers de vie. Cette approche doit permettre à des publics précarisés d’être soutenus et équipés dans leurs rapports avec les administrations et les institutions afin de faire valoir leurs droits. En tissant des liens entre associations au sein d’un territoire, le parcours et l’accès des publics aux initiatives locales, aux services sociaux (privés ou publics) s’en trouve facilité, ce qui contribue par ailleurs à lutter contre le non-recours. Intervenir en amont de situations qui peuvent rapidement se dégrader est l’axe d’action privilégié par la FDSS et promu par les répondant(e)s du n° vert.

Le numéro vert s’appelle désormais "Allo? Aide Sociale". Il conserve son numéro d’appel gratuit et anonyme 0800.35.243.

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