Restobières, le meilleur resto de cuisine bruxelloise à la bière en faillite

M. L.
Restobières, le meilleur resto de cuisine bruxelloise à la bière en faillite
©BAUWERAERTS DIDIER

C'est un pan entier de la vraie culture gastronomique bruxelloise qui vient de baisser le rideau. Le meilleur restaurant bruxellois de cuisine à la bière vient de fermer ses portes, définitivement. Lové dans le haut de la très agréable rue des Renards, donnant sur la place du Jeu de Balle, Restobières est en aveu de faillite. "Nous avons déposé le bilan. Nous n’avons plus de clients depuis un an. Et je n’ai pas envie de faire du bricolage avec l’installation d’une terrasse", explique l’ancestral fondateur et propriétaire des lieux Alain Fayt.

Agé de 73 ans et après 20 années derrière les fourneaux à la préparation de ses bloempanch, kip kap ou choesels - tous faits maison par le maître des lieux - ou en salle pour faire le show devant une clientèle ravie de découvrir une zwanze hors du commun, Alain Fayt reconnaît être un peu soulagé. "J’en avais un peu ras-le-bol. Alors oui, je suis soulagé. J’ai d’autres chats à fouetter que de tenir un restaurant. Mais je perds quand même une petite perle dans ma vie."

Restobières, le meilleur resto de cuisine bruxelloise à la bière en faillite
©BAUWERAERTS DIDIER

Très bien noté par les guides, Restobière accueillait une large clientèle touristique mais aussi une clientèle de Bruxellois tombés sous le charme des lieux et, surtout, amateurs de bières que l’on ne trouvait nulle part ailleurs. Chargée de vaisselle ancienne, de bouteilles issues de brasseurs aujourd’hui disparus, de plats à asperges, de passoires émaillées, de portraits de la famille royale ou de moulins à cafés, la maison d’Alain Fayt distillait une ambiance digne des temps anciens où la gaudriole se mariait allégrement avec un terroir régional d’une rare richesse.

Témoins encore en vie (enfin, dans l’assiette) de cette époque dorée : les escargots à l’ail et Double-Enghien; la blanquette de veau à la Dulle Teve; la côte à l’os, sauce au poivre vert à la Lupulus ou la… mousse au chocolat à la Hercule ! Sans oublier le kip-kap maison de première main, “du royal tremblant comme on disait à l’époque, lorsque la tête pressée gorgée de gélatine tremblait lorsque le tram déboulait devant la vitrine du boucher…”, dixit Alain Fayt dans le texte.

Egalement Réputé pour sa cave à bières – on y a goûté une Wetz d’environ 27 ans d’âge brassée à Rhode-Saint-Genèse -, Alain Fayt avoue qu’il n’en reste plus grand-chose. "On a fermé pendant plus d’un an. Alors, que voulez-vous, on a tout bu pendant le confinement." 

Aucune chance, donc de revoir un jour le Restobières rouvrir ses portes, de revivre cette ambiance si bruxelloise devant des plats qui le sont encore plus. 

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