Nouvelle fresque Annie Cordy à Laeken : plusieurs recours de riverains contre le processus participatif et pour le maintien de l’œuvre actuelle

L'oeuvre de l'artiste ixelloise Amandine Levy a reçu le plus de votes lors du processus participatif. Un riverain, demandant le maintien de l’ancienne œuvre, a introduit des recours contre le vote, considéré comme "antidémocratique".

Ro.Ma.
Nouvelle fresque Annie Cordy à Laeken : plusieurs recours de riverains contre le processus participatif et pour le maintien de l’œuvre actuelle
©D.R. & Belga

Rarement un dessin de quartier a fait couler autant d’encre à Bruxelles… La fresque Annie Cordy, véritable symbole du parc éponyme situé à côté de l’ancienne gare de Laeken, a fait l’objet d’un concours organisé par les autorités bruxelloises.

Dans le cadre du réaménagement du parc Annie Cordy, le collège échevinal indique devoir abattre le bâtiment sur lequel se trouve la fresque. Les raisons évoquées : l’instabilité et l’amiante. Voulant conserver un hommage à la défunte chanteuse, la Ville a voulu en contrepartie ériger une nouvelle œuvre à la gloire d’Annie Cordy. Plusieurs projets ont fait l’objet d’un vote populaire et, ce jeudi, l’échevine de la Culture Delphine Houba (PS) a annoncé la gagnante : c’est Amandine Levy (Lesay) qui a été plébiscitée par le sondage.

La nièce séduite

La fresque proposée par l’artiste ixelloise a pour thème la célébrissime chanson "Tata Yoyo". On y voit Annie Cordy avec… évidemment, un chapeau. Dans une atmosphère colorée, on perçoit entre autres des oiseaux, le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, l’Atonium, un drapeau belge, le blason baronnial.

Une œuvre qui plaît à la nièce d'Annie Cordy, Michèle Lebon-Cooreman : "J'apprécie tout particulièrement le projet d'Amandine Lesay coloré et proche de l'image populaire d'Annie Cordy. Bien entendu le parcours de l'artiste unique qu'elle était, ne se résume pas à quelques chansons, mais je fus témoin, tellement souvent, de ces rencontres chaleureuses avec ceux, nombreux, qui la surnommaient affectueusement "Tata Yoyo" que je perçois cette nouvelle fresque comme un hommage à cette formidable histoire d'amour qu'Annie partageait avec son public."

Deux et bientôt trois recours

Cette nouvelle fresque est cependant loin de faire l'unanimité à Laeken. Dénonçant un vote "antidémocratique", les Amis du Parvis de Laeken demandent – depuis déjà belle lurette – le maintien de la fresque existante. Le porte-parole des riverains, Cédric Dartois, nous indique d'ailleurs que plusieurs recours juridiques ont été introduits."On ne va pas se laisser faire", assure le Laekenois, qui remet en question les conclusions tirées par la Ville quant à l'amiante et la stabilité de l'édifice.

Un premier recours contre le vote a été récemment introduit auprès du ministère des Pouvoirs locaux, et un second auprès du Conseil d'État en annulation et en suspension. Parmi les griefs évoqués : l'ouverture du vote "au monde entier", l'absence de formulaire papier ("or, beaucoup de personnes âgées, et qui ont connu Annie Cordy, ne sont pas numérisées", nous indique le porte-parole) et des maquettes considérées comme 'trompeuses'lors de la présentation du projet. Un troisième recours, auprès du Conseil d'État comme le deuxième, sera introduit prochainement concernant le résultat à proprement parler du vote.

Mais outre la sélection de la nouvelle œuvre, c'est tout le projet du réaménagement du parc Annie Cordy qui est remis en cause, avec en toile de fond le projet de serre urbaine, qui nécessite la destruction du bâtiment sur lequel se trouve l'œuvre inaugurée en présence de l'artiste en 2018. "Derrière la fresque se trouve la serre qu'on nous impose, et il n'y a aucune demande des habitants."

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