La biodiversité face aux arbitrages politiques : les plans de la région ne se recoupent pas

Bruxelles La députée Victoria Austraet veut rendre la carte d’évaluation biologique contraignante.

Maël Duchemin
La biodiversité face aux arbitrages politiques : les plans de la région ne se recoupent pas

Les cartes produites par Bruxelles Environnement sont légion : plan d'eau, alimentation, nuisances sonores, mobilité… Celle consacrée à l'évaluation de la biodiversité a retenu l'attention de la députée bruxelloise Victoria Austraet, ex-DierAnimal, aujourd'hui indépendante. "Les zones considérées à haute et à très haute valeur biologique par la carte d'évaluation biologique (CEB) ne se retrouvent pas forcément dans le Plan régional d'affectation du sol (Pras)." Résultat, des projets de constructions peuvent émerger sur des zones indiquées comme importantes en termes de biodiversité. "On peut prendre le cas du projet sur la friche Josaphat à Schaerbeek. Le Pras voit la zone comme une zone 'd'intérêt régional' alors que la CEB affiche une zone 'à très haute valeur biologique'. Et on se retrouve avec le projet de construction sur la friche." Les deux cartes régionales se contredisent.

La biodiversité : "un outil tech nique"

La députée bruxelloise compte dès lors rendre la CEB contraignante. Elle souhaite que les zones non bâties, considérées à haute et à très haute valeur biologique par la CEB, soient préservées.

De côté de la Région, le cabinet du ministre bruxellois de l'Environnement, Alain Maron (Ecolo), répond que la CEB est un outil scientifique indicatif d'aide à la décision. "Il y a des arbitrages politiques entre des visions parfois concurrentes, c'est le propre de l'aménagement du territoire. Le Pras condense toutes les données scientifiques, mobilité, biodiversité, démographie… et incarne ces arbitrages. C'est l'outil réglementaire […]. La réforme du Pras qui est en cours intégrera des données de cette carte, précise le cabinet, notre volonté reste de protéger la biodiversité."

Dans le cas de la friche Josaphat, c'est notamment l'enjeu du logement qui a primé, selon Victoria Austraet. "Il ne faut pas entrer dans cette concurrence logement/biodiversité. Des alternatives existent du côté des logements et bureaux inoccupés."

La proposition de résolution a été déposée ce jeudi : "Difficile d'avoir du soutien quand on est indépendante, mais je pense que cette proposition relève du bon sens et va dans le sens de la déclaration du gouvernement bruxellois", conclut la députée.

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