Abattage sans étourdissement : DéFI entend que le débat démocratique aille jusqu'au bout, malgré l'avis d'O. Maingain

Le débat démocratique autour des modalités de l'abattage des animaux ira jusqu'au bout de la démarche parlementaire. Les défenseurs du bien-être animal de tous les horizons démocratiques doivent éviter de se laisser impressionner par des peurs agitées par les radicalismes de tous bords, a affirmé jeudi DéFI.

Abattage sans étourdissement : DéFI entend que le débat démocratique aille jusqu'au bout, malgré l'avis d'O. Maingain
©BAUWERAERTS DIDIER

Pour la formation amarante, actuellement présidée par François De Smet, tous les démocrates doivent "assurer, dans le même temps, les pratiquants des religions du respect de leurs libertés, garanties par la Constitution et les règles de droit européennes".

Cette mise au point a été formulée, par voie de communiqué, quelques heures après la réserve exprimée via le quotidien Le Soir, par l'ex-président du parti, Olivier Maingain, au sujet du processus parlementaire qui démarre en Région bruxelloise autour de la proposition d'ordonnance visant à imposer l'abattage avec étourdissement préalable déposée par DéFI, Groen et l'Open Vld.

Pour Olivier Maingain, il faut aller au bout de la recherche d'un accord avec les représentants des communautés religieuses concernées pour concilier le respect de la pratique religieuse et celui du bien-être animal avec des techniques adaptées. M. Maingain dit ne pas vouloir que son parti s'inscrive comme allié indirect des forces politiques d'extrême droite ou très identitaires, contre des communautés religieuses, en acceptant un vote qui dépende des voix du Belang et de la N-VA.

"Le débat n'est absolument pas dirigé contre la pratique des religions. La proposition ne vise pas à interdire l'abattage rituel mais uniquement à interdire l'abattage sans étourdissement préalable (réversible ou non), dans un souci d'épargner des souffrances inutiles aux animaux. Comme le précisent la Cour de justice de l'Union européenne et la Cour constitutionnelle, il n'est pas question, par cette mesure, d'interdire l'abattage rituel en tant que tel, mais uniquement d'encadrer, de manière proportionnée et légitime, un aspect de l'acte rituel", a souligné, de son côté, le parti amarante, jeudi après-midi.

DéFI a en outre tenu à rappeler que l'abattage rituel avec étourdissement préalable se pratique dans de nombreux pays comme l'Indonésie, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni ou l'Australie et que cette viande était exportée partout dans le monde, y compris en Région bruxelloise.
Pour ce parti, il aurait été "hypocrite et lâche d'ignorer ce débat sur la souffrance animale alors qu'il revenait dans l'actualité. Le respect du droit de chacun de s'exprimer ne doit pas préempter le débat serein au sein du parlement bruxellois, organisant une écoute équilibrée et respectueuse de toutes les parties prenantes".

DéFI a enfin dit faire confiance à l'ensemble des partis démocratiques représentés au Parlement bruxellois pour qu'ils démontrent, une fois de plus, l'importance du débat démocratique parlementaire auquel DéFI est viscéralement attaché.

Au Parlement bruxellois, le débat sur la proposition d'ordonnance de DéFI, Groen et l'Open VLD sera précédé par une série d'auditions, dans les prochaines semaines. En l'état, l'initiative est source d'un malaise dans l'aile francophone de la majorité actuelle, entre DéFI, d'une part, et d'autre part, le PS très majoritairement et Ecolo, plus partagé sur la voie à suivre.

Sur le même sujet

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be