Le nombre de Français installés à Bruxelles a doublé en 20 ans, une étude dresse leur portrait

Le constat fait par les auteurs d'une étude sur le sujet menée pour le compte de l'ULB dresse un portrait type du Français - ou plutôt de la Française - vivant dans la capitale de l'Europe.

M. L.
Le nombre de Français installés à Bruxelles a doublé en 20 ans, une étude dresse leur portrait
©BELGA

En vingt ans, la population française établie à Bruxelles a doublé. Le constat fait par les auteurs d'une étude sur le sujet menée pour le compte de l'ULB dresse un portrait type du Français - ou plutôt de la Française - vivant dans la capitale de l'Europe. Sa population est en effet plus féminine que masculine. "Alors que les jeunes adultes français de Montréal sont majoritairement des hommes, à Bruxelles prévaut une situation inverse : le rapport de féminité dépasse 120 femmes pour 100 hommes chez les 20-34 ans et atteint presque 150 chez les 20-24 ans", relève l'étude. "Cette situation exceptionnelle résulte de la féminisation de l'immigration elle-même, que ne compense pas la plus forte présence des femmes parmi les émigrants, surtout dans la seconde moitié de la vingtaine, et conduit à ce que le solde migratoire soit globalement plus élevé chez les femmes que chez les hommes entre 20 et 29 ans."

Un Bruxellois de 25 à 29 ans sur dix est de nationalité française

Cette féminisation de la population française à Bruxelles s'inscrit par ailleurs dans un contexte de forte croissance. "Entre 1970 et 2021, le nombre de ressortissants de nationalité française établis dans la Région de Bruxelles-Capitale a été multiplié par près de trois, en passant de 23 000 à 67 000, soit un gain de 44 000 personnes. Si la croissance a été lente jusqu’au début des années 1990, elle s’est fortement accélérée par la suite, surtout entre 2000 et 2010. Durant cette décennie, le taux d’accroissement annuel moyen a atteint presque 4 %, ce qui est assez exceptionnel, même pour une population immigrante", détaillent les auteurs de l'étude. Qui précisent encore que "seule Londres (84 000 Français) compte plus de ressortissant français que Bruxelles.

De plus en plus nombreuse, et très jeune aussi. "Cette forte concentration de la population française dans les tranches d’âges dites des jeunes adultes a pour conséquence qu’un Bruxellois sur douze est de nationalité française parmi les 20 à 34 ans et qu’un sur dix l’est parmi les 25 à 29 ans." Assez logiquement, ces jeunes Françaises et Français fréquentent nos universités. En 2021, on en comptait 10 000 environ.

Majoritairement diplômés du supérieur

Contrairement aux idées reçues, la population active française installée à Bruxelles n'est pas majoritairement composée de riches expatriés résidant à Uccle et dont l'unique objectif est d'échapper à l'impôt français. Il y en a, mais "une part substantielle" ont "des ressources financières limitées". Riches ou pas, ces Français établis à Bruxelles "partagent toutefois un point commun : ils sont - ou seront - majoritairement diplômés du supérieur. Ce résultat ne doit rien au hasard. Il traduit simplement le fait que la distance filtre socialement les mobilités résidentielles : plus le niveau de diplômes de la personne migrante (ou de ses parents) est élevé, plus la distance parcourue dans un déménagement augmente", expliquent ls auteurs de l'étude.

Ces Français se sont majoritairement installés dans "les quartiers aisés du sud-est. En 2015, ces ressortissants sont particulièrement nombreux dans les quartiers du sud de la ville, à Uccle, Ixelles et dans le haut de Saint-Gilles". Ainsi, ils totalisent systématiquement plus de 10% des habitants dans les quartiers situés le long de l’avenue Louise et à l’ouest du bois de la Cambre et de la Forêt de Soignes. "Les Français sont quasiment absents de l’ouest de la ville."

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