Les Bruxellois plus enclins à éviter la viande, “aujourd’hui, c’est cool de manger végétarien ou vegan”

S.A.
Les Bruxellois plus enclins à éviter la viande, “aujourd’hui, c’est cool de manger végétarien ou vegan”
©IMAGO

Plus de 2 Bruxellois sur 5 (42 %) mangent végétarien au moins une fois par semaine, ce qui est plus que la Flandre (33 %) ou la Wallonie (29 %). Plus impressionnant encore, près de la moitié (45 %) des mangeurs de viande de la capitale souhaite réduire leur consommation de viande à l’avenir, ce qui est une proportion plus élevée que la moyenne belge (39 %). C’est en tout cas ce que l’on apprend d’une étude réalisée par IVox et commandée par EVA, les prêcheurs du Vegan en Belgique.

“Les gens veulent bien manger, surtout les jeunes et les femmes. Au début, le plus important, ce n’était pas spécialement le bien-être animal, mais avec les différents scandales sanitaires, ça a bougé”, explique l’association. Mais le facteur principal dans l’étude réside en l’information. “Très souvent, on remarque que les gens ne savent pas créer un menu végétarien, ou beaucoup de gens ne sont pas encore au courant des alternatives à la viande.”

Amélie Anciaux est docteur en sociologie, elle a réalisé une thèse où elle se penche notamment sur ce qui pousse les individus à adopter certaines pratiques alimentaires. “Une bonne information est nécessaire, mais insuffisante. Il ne suffit pas d’éduquer les gens aux alternatives, il faut leur donner les moyens, y compris financiers. Tout le monde sait que manger des légumes du jardin, c’est mieux pour la santé, mais tout le monde ne le peut pas, ou ne le fait pas.”

Les Bruxellois poussés par la désirabilité sociale

Tout ça n’explique pas encore pourquoi les Bruxellois sont plus enclins à manger végétarien. Curieusement, les petits établissements qui proposent des brunchs Vegan fleurissant dans toute la capitale en sont peut-être la cause… ou la conséquence. “Aujourd’hui, c’est devenu cool de manger végétarien ou vegan.” Et Bruxelles, plus jeune et plus instruite que les autres régions, constitue très certainement un terreau favorable à ce phénomène.

La théorie de la sociologue est certainement visible les dimanches matin de printemps sur le parvis de Saint-Gilles, ou place Sainte-Catherine. Mais qu’en est-il dans les quartiers populaires ? C’est encore le gros défi pour EVA, “on essaye de les atteindre via la mutualité chrétienne et des ateliers gratuits, mais on voit que les femmes sont souvent déjà convaincues”.

En réalité, manger de la viande est une pratique sociale, culturelle, selon Amélie Anciaux. Et c’est, comme souvent, la classe sociale supérieure qui valorise cette pratique avant que les entreprises de hard discount ne la récupèrent. Le végétarien, à la mode depuis quelques années, s’invite alors dans les frigos des Aldi ou Lidl, mais changer d’habitude alimentaire est un processus difficile, et le temps doit jouer son rôle. “Mais ceux qui changent leurs habitudes pour tester, pendant un mois, ont tendance à les garder”, rassure EVA.

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