Abattage rituel : le neurologue entendu au parlement n'a pas fait l'unanimité

Pour la commission Environnement du parlement bruxellois, l'heure du vote approche.

M.D.
Abattage rituel : le neurologue entendu au parlement n'a pas fait l'unanimité
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Les auditions sur l'abattage avec étourdissement ont repris ce mercredi au parlement bruxellois. C'est le neurologue Jean-Michel Guerit qui a ouvert la séance. Pour lui, il n'existe aucune certitude que l'étourdissement n'induit pas de souffrance. Le neurologue assure que le cerveau reste actif même étourdi. En revanche, il 'se coupe" dès qu'il n'est plus alimenté en sang. La scientificité de ses propos a été attaquée par plusieurs députés comme l'un des porteurs de la proposition d'ordonnance, Jonathan de Patoul (Défi) mais aussi Alexia Bertrand (MR) ou Victoria Austraet (indépendante). Le développement de neurologue contredit notamment les propos du secteur vétérinaire. "S'il avait été expert climat, il aurait été climato-sceptique. Il représente une minorité", a commenté Alexia Bertrand MR.

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S'en est suivi le passage de Piet Vanthemsche, médiateur sur ce sujet en Flandre lorsque le Nord réfléchissait aussi à la question. Rappelant qu’aucune méthode n’est parfaite au moment de mettre à mort, il a exposé les résultats du rapport qu’il avait produit pour le parlement flamand, en faveur de l’étourdissement.

Deux pétitions, deux visions

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Lui aussi opposé à l'absence d’étourdissement, Michel Vandenbosch, président de l’ASBL Gaia est ensuite passé à la tribune. Le 11 mai dernier, Gaia avait déposé une pétition de 70 000 signatures pour s’opposer à l’abattage sans étourdissement. Après lui, l’avocat Alexis Deswaef a relayé la position du Collectif citoyen pour la liberté de culte. Regroupant des défenseurs de l’abattage rituel, sans étourdissement, le collectif a présenté une pétition de 127 000 signatures. Ils estiment que le texte proposé par les députés Défi, Open VLD et Groen, va à l’encontre de la liberté de culte.

L'avocat sous-entend un lien entre l'extrême droite et obligation de l'étourdissement. Des textes similaires sont, en effet, portés par le Vlaams Belang et la N-VA. Il ira jusqu'à rapprocher Gaia et le Vlaams Belang, déclenchant une forte réaction chez le premier : "Je suis insulté !"

Alexis Deswaef a rappelé le poids électoral qu'aura le vote sur ce texte. Il assure que 80 % des signataires de la pétition qu'il présente sont Bruxellois. "C'est un crash-test pour la démocratie participative". Pour rappel, certains soutiens de l'étourdissement obligatoire accusent le PS de tenir une position contre le texte par pur souci électoraliste. Le parti, qui s’oppose en bloc à l'étourdissement à Bruxelles, avait pourtant voté en faveur en Wallonie.


Le vote en commission le 8 juin

La séance s'est achevée par un huis clos portant sur l'organisation de la suite de travaux. Il y aurait été décidé de procéder aux débats en commission et au vote dans la foulée lors de la prochaine séance le 8 juin. D'ici là, les éventuels amendements au texte pourront être introduits. Au moment du vote, l'attention se portera sur l'ordre des textes. En effet, la commission discute de trois textes sur l'étourdissement avant l'abattage : celui du Vlaams Belangs celui de la N-VA et celui de Défi / Groen / Open VLD... Dans cet ordre. Sans changement d'ordre du jour, celui du Vlaams Belang sera voté en premier. "Symboliquement c'est compliqué" explique Jonathan de Patoul.


Le texte passera ensuite en séance plénière.

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