Une "petite victoire" pour Haddioui et les victimes : "Il faudra du courage politique"

Cécile Jodogne ouvre la porte à une écoute adaptée des victimes de violences sexuelles.

Anciaux Sylvain
Une "petite victoire" pour Haddioui et les victimes : "Il faudra du courage politique"
©JC Guillaume

"La parole est déjà libérée, maintenant, il faut nous écouter ! " La revendication est scandée par environ 300 personnes réunies sur la place Collignon mercredi soir, venues manifester en soutien à Sihame Haddioui (Ecolo), qui a confirmé sa plainte le 19 mai à l'encontre de son collègue Michel De Herde (Défi) pour atteinte à l'intégrité sexuelle, et qui siège toujours au conseil. L'objectif de la manifestation : exiger de l'échevin accusé qu'il fasse un pas de côté le temps de l'enquête, et demander des explications sur la gestion de l'affaire par la bourgmestre faisant fonction Cécile Jodogne (Défi).

Défaite sur le premier point, mais petite victoire sur le second. " La pression a marché. Cécile Jodogne nous a contactées à 17 h, soit une heure avant le début de la manifestation pour nous proposer une rencontre à 18 h 30." Les manifestantes ont décliné l'offre afin de ne pas perturber le rassemblement, mais une réunion sera fixée sous peu.

Croire les plaintes individuelles anonymes

Dans les faits, la bourgmestre ouvrirait la porte à un mécanisme donnant crédit à une plainte d’une personne anonyme. Dans la loi actuelle, les plaintes anonymes ne seraient prises en considération qu’à partir du moment où elles sont (au moins) deux.

"Pour l'instant, ce sont des mots. On va se rencontrer, elle a parlé de procédures, on va voir", commente Laura Baiwir, qui a pris la parole pour les Sous-Entedu.e.s sur la place Collignon. Elle, Sihame Haddioui, et toutes les autres manifestantes, parlent d'une "petite victoire", mais assurent que le gros du travail reste à faire, et attendent de la bourgmestre qu'elle prenne des "décisions symboliques".

Une situation qui pourrait changer

Sur le parvis de l'hôtel de ville, quelques minutes avant le début du conseil, le bourgmestre empêché Bernard Clerfayt (Défi) se faufile au milieu des manifestantes. Pour lui, la ligne tenue par la majorité schaerbeekoise sur la gestion de l'affaire reste la bonne, mais "si d'autres plaintes venaient à être déposées, ça changerait la nature des choses".

La porte laissée ouverte par Cécile Jodogne pourrait permettre, à l'avenir, de faciliter la parole et l'écoute. "Car ce n'est pas pour moi qu'on est là, c'est pour toutes les femmes qui ne parlent pas", lâche l'échevine, portée par l'émotion des 300 paires de mains qui ponctuent chacune de ses phrases par une salve d'applaudissements. "Il faudra du courage politique, comme c'est souvent le cas quand on est précurseur dans ce milieu. Mais Schaerbeek en a l'habitude."

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