Salle de consommation à moindres risques : après un mois d'ouverture, des premiers résultats positifs

GATE, la première SCMR bruxelloise, a ouvert ses portes le 5 mai dernier au n°9 de la rue de Woeringen. Les premiers résultats enregistrés par le dispositif sont probants au regard des objectifs visés.

Sylvain Anciaux
Salle de consommation à moindres risques : après un mois d'ouverture, des premiers résultats positifs
©BELGA

Ce jeudi ouvrait officiellement la salle de consommation à moindres risques. Rudi Vervoort (PS), Alain Maron (Ecolo) et surtout Philippe Close (PS) arrivent donc enfin, après vents et tempêtes, à ouvrir “une solution éprouvée et efficace pour contrer la réalité des scènes ouvertes de consommation”. À la manœuvre, l’ASBL Transit et la MASS. Un protocole de collaboration délimitant les compétences de chacun et organisant le fonctionnement du dispositif a été signé. Il porte une attention particulière à la sécurité dans et aux abords du dispositif. Il définit une zone d’attention prioritaire dans laquelle la police veillera au respect de la tranquillité publique et à la lutte contre le trafic de drogues.

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, “il fallait agir dans l’intérêt de tous, sans ‘invisibiliser’les personnes dépendantes aux drogues vivant en situation de grande précarité. Beaucoup d’entre elles n’ont aujourd’hui aucune alternative à la rue pour consommer et sont exclues, par leurs conditions de (sur) vie, des trajectoires de soins conventionnés. GATE (SCMR) va leur offrir un lieu médicalisé, supervisé par des professionnels de la santé, accessible sans prérequis administratif. Le dispositif va les accompagner vers un mieux-être et permettre d’initier des trajectoires de soins, des remises en ordre socio-administrative, de travailler sur l’accès au logement”.

12 % des personnes s’y rendant y consomment

Les espaces de consommation sont en réalité ouverts depuis le 5 mai, et les psychologues et assistants sociaux y exerçaient déjà début avril. Le temps, pour l’association de tirer un premier bilan. “Les gens qui s’adressent à nous le font dans un but de trouver avant tout de l’écoute, du soin et une assistance administrative”, explique le porte-parole de Transit. De fait, depuis l’ouverture progressive, 635 contacts ont été établis, mais 12 % d’entre eux seulement cherchaient à consommer de la drogue. L’espace de consommation sert en fait d’un “produit d’appel” pour les personnes en besoin d’assistance. “Ces gens ont besoin de contacts humains, aussi bien médicaux que psychologiques.”

Concrètement, le trajet d’un consommateur sur place se fait en quatre temps. il y est d’abord accueilli, où un bilan et diagnostic de la consommation sont faits. Le patient s’installe ensuite en salle d’attente, où médecins et assistants sociaux proposent déjà d’autres aides. Vient ensuite le moment de la consommation, dans l’une des six salles d’injection ou dans la salle d’inhalation, sous le regard attentif de professionnels de santé. Enfin, le patient peut ensuite se reposer dans une salle dédiée ou dans une cour. La personne ne peut sortir que lorsqu’elle ne représente aucun danger pour elle, ni pour les autres. À l’heure actuelle, aucune overdose n’est à déclarer. 83 % de personnes admettent qu’elles auraient consommé dans la rue, si cet espace n’existait pas.

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