357 millions de déficit supplémentaire : trois crises poussent la Région bruxelloise à ajuster le budget

Le déficit budgétaire de la Région bruxelloise pour 2022 passe de 1,13 milliard dans le budget initial à 1,49 milliard dans le budget ajusté. L'opposition s'inquiète.

357 millions de déficit supplémentaire : trois crises poussent la Région bruxelloise à ajuster le budget
©Belga

La commission des Finances du parlement bruxellois a examiné lundi le projet d'ajustement budgétaire du gouvernement Vervoort, le premier, au printemps, depuis 2012. En cause, principalement: trois crises simultanées, a dit d'emblée le ministre bruxellois des Finances, Sven Gatz (Open Vld). Conséquence des crises liées à la pandémie, à l'invasion de l'Ukraine, et à l'inflation: un déficit supplémentaire de 357 millions d'euros.

Selon le ministre, la santé financière de la Région n'est pas en péril pour autant. "Je peux vous dire que déjà 86,4% du besoin de financement à long terme a été consolidé par rapport au budget initial 2022 à un taux d'intérêt moyen de 1,65% et une maturité moyenne de 17 ans avec une couverture presque complète à taux fixe. Et comme la Cour des Comptes l'a noté dans son rapport, la Région a pu maintenir sa notation financière à AA- avec une perspective stable", a-t-il commenté.

L'enveloppe initiale de 30 millions d'euros destinée à la gestion de la crise liée au Covid a été augmentée de 195 millions pour atteindre 225 millions. Pour l'invasion de l'Ukraine, une provision de 100 millions a été prévue, tandis que pour l'inflation et les dépassements d'index, l'ajustement budgétaire a inclus 101,8 millions destinés à la masse salariale, soit 44,8 millions de plus que le budget initial. Il importe d'y ajouter 19 millions pour l'indexation des dotations des commissions communautaires et des accords sectoriels.

Le déficit budgétaire pour 2022 passe de 1,13 milliard dans le budget initial à 1,49 milliard dans le budget ajusté. Sur ce montant, 674 millions sont maintenus hors budget, soit 103 millions de plus que prévu initialement.

A l'automne, les crédits de dépenses pourront être ajustés en redistribuant les moyens qui auront été sous-utilisés, a encore dit le ministre. Ses propos n'ont pas semblé rassurer l'opposition.

"Vous absorbez les dépenses et les crises, mais vous ne les résorbez pas. Aucun choix politique n'est posé. On se tient en équilibre dans le cadre, mais le seul cadre posé est de plomber l'endettement", a dit la cheffe du groupe MR, Alexia Bertrand.

Comme elle, Cieltje Van Achter (N-VA) a estimé que cet ajustement était symptomatique de l'incapacité du gouvernement Vervoort à encore s'accorder.

"La seule chose sur laquelle il semble s'accorder est de dépenser de l'argent qui n'existe pas. Le gouvernement passe d'une crise à l'autre et ne parvient pas à réagir de manière structurelle. Le ministre Gatz crie dans les médias au sujet du budget de Bruxelles, alors que nous attendons de lui et du gouvernement bruxellois qu'ils réduisent sérieusement la dette et effectuent les exercices d'efficacité nécessaires", a-t-elle dit.

Christophe De Beukelaere (Les Engagés) a embrayé: "Alors qu'on entre dans une période de grandes turbulences macro-économiques, le gouvernement est paralysé par les disputes internes (abattage rituel, indexation des loyers…). En pleine tempête, personne ne donne le cap, le bateau budgétaire est à la dérive et l'équipage se chamaille sur le pont. Pourtant, les Bruxellois méritent qu'on prenne des décisions fortes: simplifier les institutions bruxelloises, faire des choix budgétaires et entamer le processus du budget à base zéro".

Selon lui, le déficit régional se creuse de plus de 320 millions alors que la dette est déjà de 10 milliards (6,8 de dette directe, 3,1 de dette garantie). Le solde de financement SEC est désormais de -1, 733 milliard. Les déficits successifs du gouvernement Vervoort constituent "un jeu dangereux", a-t-il conclu.

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