Après David Petit, une autre élue MR approuve la décision de la Cour Suprême des USA sur l'avortement : "Chaque enfant est un être humain dès sa conception"

Marie Courtoy (élue MR à Koekelberg) a refusé de voter la motion proposée en urgence par la conseillère communale Ornela Prifti (PS), lundi soir en conseil communal. Cette motion visait à "mettre en place un rempart constitutionnel pour le droit à recourir à l’IVG et protéger la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps". Elle confirme sa position à La DH.

M. L.
Après David Petit, une autre élue MR approuve la décision de la Cour Suprême des USA sur l'avortement : "Chaque enfant est un être humain dès sa conception"
©DR

Au MR, il n'y a pas que le bourgmestre de Wezembeek-Oppem Frédéric Petit qui s'oppose à l'avortement et approuve l'arrêt de la Cour Suprême abolissant le droit des Américaines à avorter, la qualifiant même de "magistrale" avant de s'excuser officiellement d'avoir exprimé une "opinion personnelle". A Koekelberg, la conseillère communale (MR également) Marie Courtoy a refusé de voter la motion proposée en urgence par la conseillère communale Ornela Prifti (PS) et votée par l'ensemble des conseillers communaux à deux exceptions près : une voix contre donc et une abstention.

La scène s'est déroulée lundi soir, lors du conseil communal. La motion visait à "mettre en place un rempart constitutionnel pour le droit à recourir à l'IVG et protéger la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps". L'urgence était motivée par le fait que "la révocation du droit à l'avortement par la Cour suprême des Etats-Unis, ce 24 juin, peut engendrer en termes de renforcement pour les mouvements anti-avortement et conservateurs à travers le monde et plus particulièrement au sein de notre pays. Certains d'entre eux, des responsables politiques, se sont exprimés ce week-end sur le soutien à apporter à cet arrêt". Par ailleurs, "même si en Belgique, ce droit est consacré depuis plus de 30 ans, nos acquis restent malheureusement extrêmement fragiles, et il est urgent de se prémunir au mieux de telles attaques frontales qui reviendraient à dénier aux femmes leur autonomie de choix et la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps".

"Je suis tout à fait contre l'avortement en général"

L'objectif de la majorité était ici de porter cette garantie devant les gouvernement et parlement fédéral. La motion demande, entre autres, de "protéger la vie, la santé et la liberté fondamentale des femmes de disposer de leur corps en mettant en place un rempart constitutionnel pour garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse ; de réunir une série d'experts et de spécialistes de la Constitution pour identifier comment ancrer cette liberté fondamentale ; de mener des réflexions afin que l'avortement soit abordé dans un contexte de santé publique, de contraception, d'éducation sexuelle, avec pour objectif d'arriver à une condition de la femme pleine et entière ; de promouvoir des dispositifs favorisant la formation des médecins pratiquant l'IVG, de sensibiliser les universités du pays à promouvoir cette formation pour les futurs acteurs de première ligne et d'approfondir l'information systématique de la population, notamment, des jeunes, sur le droit à la contraception et à l'IVG et de plaider qu'au niveau européen, le droit des femmes à disposer de leur corps soit reconnu comme un droit fondamental nécessaire à l'adhésion d'un pays à l'Union européenne".

Marie Courtoy n'a jamais caché son opposition ferme à l'avortement. "J'estime que chaque enfant est un être humain dès sa conception", explique-t-elle à La DH. "En effet, je suis tout à fait contre l'avortement en général. Il s'agit d'une conviction personnelle et scientifique que j'assume sans aucun problème. Chacun a droit à la vie. Je comprends et valide la position de la Cour Suprême des Etats-Unis. Elle annule juste un droit", poursuit celle qui reconnaît bien évidemment "le droit des femmes. Je suis en faveur de mesures d'accompagnement. Il faut aider toutes les personnes en situation de détresse mais autrement que par l'avortement."

Lors de l'introduction de cette motion en urgence, le MR a demandé une suspension de séance. "C'est logique, cette motion ne figurait pas à l'ordre du jour. Mon groupe politique n'a pas spécialement les mêmes idées. Mais je n'ai reçu aucune pression de mon groupe." La libérale estime enfin que ce genre de débat n'a pas sa place dans un conseil communal.

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