François Berléand, héraut de l’Ommegang : " déjà prononcer correctement Ommegang, ce n’est pas facile"

Après deux ans d'absence, l'Ommegang revient sur la plus belle place du monde.

François Berléand, héraut de l’Ommegang : " déjà prononcer correctement Ommegang, ce n’est pas facile"
©Belga

Ces mercredi 29 juin et vendredi 1er juillet, la Grand-Place de Bruxelles a été et sera le théâtre de l'Ommegang, qui retrouve donc son public après deux ans d'absence. Rappelons qe ce spectacle haut en couleur rassemblant 1 400 participants retrace l'accueil de Charles Quint dans la capitale de son empire "où le soleil ne se couchait jamais" en 1549.

François Berléand, héraut de l’Ommegang : " déjà prononcer correctement Ommegang, ce n’est pas facile"
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À chaque édition, il est de coutume de faire appel à un grand nom de la scène pour tenir le rôle du héraut qu annonce les différents participants au cortège. Cette année, l’honneur échoit à François Berléand.

Nous l’avons rencontré au bar de l’Amigo quelques heures avant son entrée.

Même si l’Ommegang ne vous est pas familier, vous devez être sensible au rôle qu’a joué Charles Quint, grand Européen de son temps, qui avait en outre des racines belges, tout comme vous, par votre père.

"Oui, mais je ne vous cache pas qu’en tant que Français, mes préférences vont plutôt à François Ier, le grand rival de Charles Quint. C’est le Roi qui a fait venir la Renaissance en France et qui a bâti les châteaux de la Loire, ce que notre pays a fait de mieux. François Ier, c’est aussi l’homme de la victoire de Marignan, en 1515, comme l’apprennent tous les écoliers de France".

Votre carrière est très riche mais c’est la première fois qu’on vous propose ce genre d’emploi.

"En effet. Ce sera une grande première. J’espère seulement ne pas me tromper dans les noms. Déjà prononcer correctement Ommegang, ce n’est pas facile".

Vous êtes un passionné d’histoire. À plusieurs reprises, vous êtes intervenu dans le débat public pour signaler la montée des tensions communautaires en France.

"Cela a commencé quand dans l’école où étaient scolarisées mes filles, une majorité d’élèves n’a pas voulu se lever pour rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo. Le directeur m’a même fait comprendre qu’il valait mieux les inscrire ailleurs Aujourd’hui, le vivre ensemble n’existe plus. Moi qui ai été élevé dans un État laïque et républicain, cela m’affecte beaucoup. C’est peut-être un phénomène que l’on rencontre un peu partout mais la France, ce n’est pas pareil. C’est un pays laïque, un des seuls au monde. Nous n’avons plus voulu être la fille aînée de l’Église. Ce n’est pas pour devenir la fille aînée de la mosquée !"

En tant qu’acteur, ne souffrez-vous pas de voir le public déserter le cinéma au profit de Netflix ?

"Pour moi, le cinéma reste avant tout un spectacle à regarder ensemble dans une salle. Quand je suis allé voir Intouchables avec Omar Sy, les gens riaient à des scènes qui n’étaient peut-être pas follement drôles, simplement parce qu’ils étaient entraînés par le rire des autres spectateurs."

Quels ont été les comédiens qui vous ont donné l’envie de faire l’acteur ?

"Pierre Brasseur, Michel Serrault, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu entre autres. Mais foncièrement, je reste attaché au théâtre parce que c’est le public qui décide. C’est lui qui fait le succès d’une pièce."

"L’Ommegang n’est pas élitiste"

Depuis décembre 2019, l'Ommegang est reconnu par l'Unesco au patrimoine mondial. Ce sera la première fois depuis lors qu'il se déroulera devant le public, ce qui réjouit Paul Le Grand, président de l'Ommegang Brussels Events. "Je tiens surtout à mettre l'accent sur l'aspect national de l'événement qui appartient à tous les Belges et pas seulement aux Bruxellois. Parmi les participants, nous avons 50 % de francophones et autant de néerlandophones. Ce n'est pas une fête élitiste non plus. Même si la tradition veut que des nobles interprètent des rôles clés, il n'y a que 180 participants sur 1400 qui soient issus de la noblesse, soit 15 %. Tous ces gens se rassemblent pour faire rayonner la culture de notre pays, quelles que soient leur région d'origine ou la langue qu'ils parlent."

Depuis sa reconnaissance par l’Unesco, l’Ommegang bénéficie en outre d’une visibilité croissante à l’étranger, accentuée par les deux dernières éditions sur le mode virtuel, qui ont attiré des dizaines de milliers de visiteurs à travers le monde. Enfin, la fête se déroule aussi sur les réseaux sociaux. Cette année, elle sera enrichie par les dessins de Vadot qui seront postés en direct sur Facebook.

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