Les mutuelles et la Cocom appelleront plus de Bruxellois pour faire le point sur leur état de santé physique et mentale

Le Collège intermutualiste et la Cocom élargit son public cible et contacte de plus en plus de citoyens pour faire de la prévention en "social-santé".

Sylvain Anciaux
Les mutuelles et la Cocom appelleront plus de Bruxellois pour faire le point sur leur état de santé physique et mentale
©D.R.

Éléments importants pendant la crise sanitaire afin de nouer le contact avec les personnes de plus de 65 ans, isolées ou bénéficiaires de l'intervention majorée, les agents de prévention voient leur mission mise à jour avec le recul du Covid. Depuis avril, les 25 agents de prévention, désormés appelés "conseillers santé" appellent également les bénéficiaires des sept mutuelles bruxelloises afin de faire le point sur leur état de santé, aussi bien physique que mentale, et apporter de l'aide ou des informations si nécessaire.

"Ce sont les mêmes agents qui appelaient les personnes âgées ou isolées en 2021 pour parler de vaccination, mais ils ont été renommés car le spectre d'intervention est désormais beaucoup plus large, explique Emilie Vanderstichelen, porte-parole intermutualiste. On cible des publics qui ne sont pas digitalisés", ou d'autres foyers susceptibles d'être mieux informés sur les services à leur disposition. Désormais, les 35-44 ans ou les familles monoparentales sont également contactées pour faire le point.

"Les gens ne veulent plus qu'on leur parle du Covid"

En clair, donc, si vous rentrez dans les critères, un "conseiller santé" pourrait vous contacter afin d'identifier vos besoins. Pierre Didier fait partie de l'équipe de "conseillers santé" qui a passé 12 000 coups de fil entre mai et novembre 2021. "Il y a toujours un sentiment de méfiance quand on appelle, les gens pensent à une arnaque, mais quand on leur dit qu'on a rien à vendre, ils comprennent. (...) Dans la majorité des cas, les gens sont contents qu'on les appelle." Dans ce cas, c'est l'occasion d'aborder "la prévention des chutes, la prévention contre le cancer, un rappel pour aller voir son médecin traitant, son dentiste", explique-t-il.

Et donc, comment vont les Bruxellois qui répondent aux conseillers santé à la sortie de deux ans de pandémie ? "Les gens en ont marre qu'on leur parle de Covid, avance Emilie Vanderstichelen. Ils ont envie qu'on sorte de la crise. C'est pourquoi on parle de social-santé, désormais." Alors, Pierre Didier arrive avec d'autres sujets au bout du fil. Le plus souvent, les Bruxellois ont besoin d'éclairage concernant les démarches avec "le service social, la mutualité et ce qu'elle peut faire pour eux, comme de l'aménagement de domicile, des transports non-urgents pour aller chez le médecin ou au centre de vaccination, et la détection d'aidants proches".

Les Bruxellois en quête d'oreilles attentives

Quand le "conseiller santé" le juge nécessaire, l'appel téléphonique peut aboutir sur un rendez-vous au domicile ou en agence, mais les bénéficiaires en expriment rarement le besoin, "car toutes les infos sont disponibles en ligne", rassure Pierre Didier. Force est de constater cependant que tous n'ont pas le temps, "les plus de 65 ans sont plus disponibles que les 35-44 ans qui refusent parfois de nous parler, faute de temps".

L'année dernière, sur les 12 000 appels passés, 72,3 % des Bruxellois affirmaient avoir un sentiment de solitude, des problèmes de santé ou d'accès aux soins ou de services appropriés. 28,5% des personnes interviewées ont reçu des informations relatives aux services que les mutualités. Les conseillers santé devraient, à terme, inverser ces chiffres.

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