Le PS bruxellois ne veut pas du retour d’Emir Kir au parti

Écarté en 2020, Kir n’exclut pas de demander sa réintégration au PS. Mais pour l’appareil, il n’est pas le bienvenu.

Le PS bruxellois ne veut pas du retour d’Emir Kir au parti
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Samedi 18 janvier 2020, 1h15 du matin. Après des heures de discussions, la commission de vigilance du PS bruxellois décide d’exclure du parti Emir Kir, député fédéral et bourgmestre de Saint-Josse. La commission juge qu’il a rompu le cordon sanitaire après avoir accueilli et rencontré deux maires turcs du MHP, un parti d’extrême droite.

Une exclusion sans appel, mais pas forcément définitive. Les statuts du PS l’autorisent à réintroduire une demande d’affiliation trois ans après son éviction, auprès de la commission de vigilance. Pour Emir Kir, l’échéance tombe le 18 janvier.

Le député, qui garde de nombreux amis au PS, n'a jamais fermé cette porte. "J'ai encore le temps de réfléchir. Il y a des contacts avec le parti mais rien n'a été décidé", glissait-il à La Libre ce 13 juin.

Si Emir Kir émet une demande de réaffiliation du parti, ce sera au comité de vigilance bruxellois, qui dépend de la fédération présidée par Ahmed Laaouej et non du parti national présidé par Paul Magnette, de trancher. Et, selon nos informations, le cas a déjà été tranché au sommet du PS bruxellois : Emir Kir n’est plus le bienvenu au parti socialiste.

Emir Kir pourra toutefois contester ensuite la décision auprès de la fédération nationale. "Si une demande de réintégration est formulée, la commission de vigilance statuera en toute indépendance mais à titre personnel et en tant que militant, réintégrer Emir Kir me paraît impossible. Son exclusion est liée au cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite. On ne peut banaliser une telle attitude, contraire à mes valeurs et à celles du PS", souligne Martin Casier, vice-président de la Fédération bruxelloise du PS.

"Je n'en suis pas à penser à cela actuellement puisque la durée de l'exclusion est fixée à 3 ans. Libre à moi à la fin de cette période de faire un choix. Durant mon exclusion, tout le monde s'est aperçu que je n'ai pas eu de problèmes avec le PS, que ce soit au niveau local, fédéral et régional. Je n'ai jamais accepté la décision de la commission, mais je ne l'ai pas contestée à l'époque car le climat était détestable, nous précise Emir Kir. Je suis toujours resté socialiste. La commune de Saint-Josse est dirigée par la liste du bourgmestre, pour l'essentiel composée de socialistes. Nous menons une des politiques les plus à gauche du pays."

Emir Kir n'a toutefois pas que des soutiens à l'intérieur de son collège communal. En octobre dernier, l'échevin Philippe Boïketé (PS) avait dénoncé un "climat de terreur" après la décision d'Emir Kir de licencier son frère, Christian Boïketé, chef de cabinet du bourgmestre. "Si Emir Kir demande à être réintégré au PS, je demanderai à être entendu par la commission qui statuera, afin de leur expliquer comment on travaille à Saint- Josse", souligne Philippe Boïketé.

Si l’inimitié qui divise Ahmed Laaouej et Emir Kir est de notoriété publique, le bourgmestre de Saint-Josse garde des soutiens. Rachid Madrane, président du Parlement bruxellois, lui conserve par exemple son estime.

"Il a fait une bêtise, mais c’est un socialiste"

En outre, la perte électorale serait réelle pour des socialistes à Bruxelles. Lors des élections législatives de 2019, Emir Kir a obtenu le second score des socialistes bruxellois au fédéral (18 520 voix), derrière Ahmed Laaouej (31 589), mais loin devant Caroline Désir, pourtant devant lui sur la liste. Il a décroché 3 903 voix aux communales de 2018 et la majorité absolue. "C'est un bourgmestre qui fait beaucoup pour sa commune, lance un poids lourd du PS bruxellois. Il vote avec le PS à la Chambre. Il a fait une bêtise, oui… Mais c'est un socialiste."

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