Watermael-Boitsfort : les habitants du Logis Floréal prisonniers dans leurs passoires énergétiques

Les locataires et propriétaires des cités-jardins Le Logis et Floréal à Boitsfort sont victimes de l'opposition entre patrimoine et crise énergétique.

M.D.
Watermael-Boitsfort : les habitants du Logis Floréal prisonniers dans leurs passoires énergétiques
©Benoit Vanzeveren

La cité-jardin du logis Floréal a été construite dans les années 20. Aujourd'hui classés pour leur valeur patrimoniale, les bâtiments, véritables passoires énergétiques, sont rénovés avec du simple vitrage. Une pratique compliquée à justifier en cette période d'explosion des coûts de l'énergie.

"On retire du double vitrage pour en mettre du simple"

En commission "développement du territoire" le ministre Pascal Smet (Vooruit) a été interrogé par les députés Martin Casier (PS), Tristan Roberti, et Jonathan de Patoul (Défi), trois membres de la majorité. Le ministre leur explique que le choix du simple vitrage n'en est pas un.

"On ne peut pas se contenter de poser du double vitrage sans isoler également les murs et les toitures. À défaut, un problème d'humidité et de salubrité finira par se poser,"

la circulation de l'air pouvant être altéré. Certains bâtiments, déjà équipés de double vitrage se retrouvent donc avec du simple.

Le problème se pose alors pour rénover et isoler complètement ses logements classés. La Commission Royale des Monuments et des sites (CMRS) veille au grain au respect de l'arrêté de classement.

La réponse du ministre en commission n'a pas convaincu :

"Il liste les difficultés, mais ne donne pas de solution à court ou long terme,"

se plaint un élu d'un parti de la majorité régional.

Pas de panneau solaire sur les toits

Il y a quelques mois, un propriétaire dans la même cité-jardin avait également demandé la pose de panneaux solaires. Panneaux refusés par la CMRS au motif que cette installation n'est pas "temporaire" même si elle est réversible.

" 'Tolérer' pendant plusieurs dizaines d’années un déséquilibre visuel majeur au niveau des toitures n’est donc pas compatible avec la mission de valorisation du patrimoine d’urban.brussels,"

justifie le ministre.

En attendant, les habitants ne voient aucune perspective d'amélioration pour leur facture et leur bien-être, que ce soit pour des panneaux solaires ou une meilleure isolation.

Deux options sont sur la table. La première : réviser l'arrêté de classement. Cela paraît peu probable vu l'impact que cela pourrait avoir sur d'autres sites classés. La seconde : la modification du plan de gestion patrimonial. Ce plan, validé par le gouvernement, pourrait permettre d'éviter de passer par une procédure de permis et donc facilité les modifications.

"C'est une des pistes qui est étudiée,

nous confie un proche du gouvernement

, pour le moment des groupes de concertations se forment et on écoute les habitants."

Dans tous les cas, on parle ici de procédure de plusieurs mois, voire années.

Une potentielle aide financière pour les ménages est également difficile à imaginer en cette période de confection du budget :

"On ne veut rien promettre et ne pas créer de faux espoirs."

Concernant le cas des panneaux solaires, le ministre Pascal Smet a émis aussi l'idée d'en implanter sur d'autres sites que sur les toits.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be