Schaerbeek dénonce un camp de 700 réfugiés au cœur du Quartier Nord : "j’exige que Nicole de Moor prenne ses responsabilités"

Un arrêté d’expulsion a été pris. Les réfugiés ont trois semaines pour quitter les lieux.

la secrétaire d'Etat bruxelloise Cécile Jodogne (Défi),Schaerbeek
la secrétaire d'Etat bruxelloise Cécile Jodogne (Défi),Schaerbeek

La commune bruxelloise de Schaerbeek dénonce, mardi dans un communiqué, l’existence d’un "camp de réfugiés au cœur du Quartier Nord", symbole selon les autorités locales de "la crise de l’accueil engendrée par l’inaction du gouvernement fédéral en matière de politique migratoire". Environ 700 personnes occupent actuellement un bâtiment situé au 46 de la rue des Palais. Il s’agit en majorité de personnes détentrices d’un article 26, qui devraient donc être hébergées par l’État fédéral, estime la commune.

"Ce bâtiment, qui fait l’objet d’un projet de réhabilitation avec création de logements, devait être occupé de manière temporaire pour deux ans par la Région de Bruxelles-Capitale afin d’accueillir des bénéficiaires de la protection temporaire pour les Ukrainiens. Des travaux avaient été entrepris dans ce sens avant qu’une occupation massive et non contrôlée débute, et les interrompe", ajoutent les autorités communales.

Un avis d’expulsion a été rendu par le juge le 17 novembre, après l’envoi d’une requête signée par le propriétaire et la SLRB (Société du logement de la Région bruxelloise), et laisse trois semaines aux occupants pour quitter les lieux. "C’est donc une véritable course contre la montre qui s’est engagée pour le relogement de ces réfugiés mais à laquelle le fédéral refuse de participer", dénonce la commune, qui évoque des cas avérés de gale, de diphtérie et des soupçons de tuberculose sur place.

La bourgmestre Cécile Jodogne (Défi) en appelle au gouvernement fédéral. "J’exige que la secrétaire d’État Nicole de Moor (CD&V) prenne ses responsabilités et nous présente enfin des solutions concrètes afin d’organiser le relogement de ces réfugiés rapidement. Ces personnes sont de sa responsabilité. Une cellule opérationnelle d’urgence doit être mise sur pied d’ici la fin de la semaine." Elle en appelle aussi à la collaboration avec les autres niveaux de pouvoir.

Nicole de Moor : "on ne sait pas qui loge dans ce bâtiment"

La secrétaire d'Etat Nicole de Moor rappelle qu'une réunion est prévue cette après-midi avec les représentants des résidents du bâtiment. "Jusqu'à aujourd'hui, on ne sait pas qui loge dans ce bâtiment. Les sans-papiers n'ont pas de droit d’une place d’accueil. Ils peuvent être aidés avec le retour vers leur pays d'origine", explique l'élue CD&V. "D'autres qui ont une invitation à l'Office des étrangers sont sur une liste d'attente pour obtenir une place d’accueil chez Fedasil. Les personnes vulnérables (familles et enfants) seront hébergées en priorité."

"Le Centre de crise s'efforce de rendre le capacité de places d'urgence opérationnel et il y a aussi un accord avec Bruxelles pour des places dans des structures pour des sans-abris cet hiver tant qu'il manque des places." Par ailleurs, conseil européen extraordinaire sur l'asile et la migration est prévu ce vendredi. La Secrétaire d'État y soulignera sûrement qu'il n'est pas possible que la pression en matière d'asile se poursuive dans certains pays de l'Union européenne et qu'il n'y ait pas de pression égale dans d'autres pays européen. "Ce n'est plus tenable."

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be