Un collectif pour la réhabilitation des sites inoccupés évacué d’un bâtiment communal à Saint-Gilles : “c’est pour leur sécurité”

Des membres de l’ASBL Éventail ont été évacués du 71 rue Vanderschrick à Saint-Gilles. La commune jugeait l’occupation “dangereuse”.

Un collectif pour la réhabilitation des sites inoccupés évacué d’un bâtiment communal à Saint-Gilles : “C’est pour leur sécurité”
Un collectif pour la réhabilitation des sites inoccupés évacué d’un bâtiment communal à Saint-Gilles : “C’est pour leur sécurité” ©GSV

Saint-Gilles dit “évacuation", le collectif dit “expulsion.” Depuis quelques jours, des membres de l’ASBL Éventail occupaient un bâtiment de la commune de Saint-Gilles située rue Vanderschrick, 71. Le bâtiment, ancien QG du service prévention saint-gillois était inoccupé depuis 2019. La commune explique cette désertion par des craintes concernant la stabilité du bâtiment. “En cette période de crise du logement, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons quitté ses lieux. C’était juste devenu trop dangereux”, nous explique un membre du cabinet du Bourgmestre Jean Spinette.

Apprenant le squat ce mercredi, le bourgmestre a pris un arrêté d’inhabitabilité ce jeudi afin de pouvoir faire sortir les jeunes gens du bâtiment. “C’est pour leur sécurité. Si un mur s’effondrait, eux auraient des morts et nous un bourgmestre en prison, car ce serait sa responsabilité”.

Dans la lettre envoyée à la commune pour expliquer leur occupation. L’Éventail explique que “l’association s’est créée autour de la réhabilitation et la remise en valeur de lieux inoccupés depuis trop longtemps. L’objectif : les réaffecter comme logements décents et les faire revivre au sein du quartier, à travers différentes initiatives sociales et culturelles.” Les occupants y justifient aussi leur action : “certains d’entre nous sont artistes, musiciens, comédiens, écrivains ; d’autres travaillent dans l’événementiel. Qu’ils puissent disposer d’un espace de travail digne pour travailler, expérimenter, et produire leurs œuvres est essentiel, et justifie pleinement l’occupation d’espaces inusités et de fait, inutiles.” Ils assurent également avoir le soutien de certains voisins. La commune parle de 6 à 8 occupants.

Remonté contre ce qu’il considère comme une expulsion, le collectif se voit offrir une solution par la commune. “Nous avons mobilisé le personnel communal pour prendre en charge à nos frais leurs meubles (le collectif s’était déjà bien installé) et de les stocker en sécurité dans nos ateliers. Nous avons proposé de les redéposer à l’adresse qu’ils nous indiqueraient.” Toujours selon le cabinet du bourgmestre, la commune cherche de pistes pour leur retrouver un site d’occupation. “Nous avons deux options à l’étude. Saint-Gilles est loin d’être une commune fermée aux occupations temporaires”.

Lors du déménagement du service prévention en 2019, la commune a transféré la propriété du bâtiment rue Vanderschrick à la régie foncière communale qui doit y développer un projet de logements abordables.

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