Selon le PTB, c’est le temps qu’il faudrait pour loger tous les ménages inscrits sur liste d’attente, vu le rythme de construction.

420 ans ! Selon Mathilde El Bakri (PTB), c’est le temps qu’il faudrait pour loger les 44.000 ménages bruxellois inscrits sur la liste d’attente pour un logement social, si les constructions se poursuivent à l’allure actuelle. "Et à condition que la rénovation des logements actuels ne soit pas si lente", ajoute la députée bruxelloise du parti d’extrême-gauche.

Pour calculer ce délai d’attente, celle-ci s’est basée sur les chiffres fournis par le cabinet de la ministre bruxelloise en charge du logement, Céline Fremault (CDH). Depuis 2004, la Région bruxelloise a produit 1.271 logements sociaux, soit environ 105 par an en moyenne.

Un chiffre qui doit encore être revu à la baisse si l’on tient compte des logements détruits. "En 2004, la SLRB comptait un total de 38.632 logements sociaux occupés et vides. Aujourd’hui, elle en compte 39.527. Dans les faits, le parc de logements sociaux n’a donc augmenté que de 895 unités. Ce qui signifie que 376 logements ont été détruits", calcule-t-elle encore.

Alors que la demande en logement social ne fait qu’augmenter et malgré les nouvelles constructions, le nombre de logements réellement disponibles continuerait pourtant à diminuer. "En 2004, la SLRB comptait 36.541 logements occupés contre 36.396 en 2016, ce qui représente 145 logements occupés en moins. C’est un constat alarmant, surtout quand on sait que la ministre du Logement a décidé de ne pas reconduire, en 2016, un subside spécifique de 200 millions d’euros par an pour la politique du logement social" , accuse l’élue.

"C’est soit un problème de connaissance du dossier, soit de la malhonnêteté intellectuelle", rétorque la ministre Fremault. En début de législature, le gouvernement s’était engagé à octroyer 600 millions d’euros de subvention à la SLRB pour la construction de 3.000 logements sociaux et 1.000 logements moyens. "La totalité de ce montant ayant déjà été versée sur trois ans à concurrence de 200 millions par an, l’allocation n’est plus nécessaire dès 2017", explique son cabinet qui se dit par ailleurs conscient que le rythme de construction des logements sociaux est trop lent. En cause, pas un manque de moyens financiers mais plutôt les procédures interminables, les accords parfois difficiles avec les communes sans oublier la raréfaction des réserves foncières.