Comme chaque lundi, Inge Neven, responsable du service de l’hygiène de la Cocom, fait le point sur la situation épidémiologique à Bruxelles. Si les chiffres semblent aller dans le bon sens, elle veut rester prudente, notamment suite à l'arrivée du variant indien, mais aussi à cause des différents rassemblements.

6-7 décès par jour, hospitalisations en baisse, nombre de tests en légère augmentation, diminution du taux de positivité (6,5%), les chiffres à Bruxelles sont réjouissants, mais Inge Neven s'attend tout de même à une augmentation. "On constate le même nombre de cas et de classes fermées dans les écoles qu’après les vacances de Noël et de Carnaval. De plus, avec l’ouverture des terrasses et les différents rassemblements, il faudra voir quels seront les impacts."

Cinq cas du variant Indien à Bruxelles

Mais ce qui inquiète le plus, ce sont les cinq cas détectés du variant indien. "Trois sont liés à des voyages où ils sont retournés en Inde tandis que les deux autres, non, précise Mme Neven. Ce sont des personnes assez jeunes, toutes en dessous de 50 ans." Pour vaincre ce variant, la région veut imposer un tracing très poussé et elle veut être certaine qu’ils restent bien à l’isolement. "On essaye également de retrouver la source de contamination."

Car ce variant serait plus agressif que les autres déjà rencontrés. "On veut contenir la situation comme on l'avait déjà fait avec les variants sud-africain et brésilien, encore présents, mais à des taux plus faibles, souligne Inge Neven, avant de rassurer : "les 5 personnes contaminées n’étaient pas vaccinées, contrairement à la personne positive à Anvers qui, elle, avait reçu ses deux doses."

La situation vaccinale se porte bien

Concernant la vaccination, tout se passe pour le mieux en région bruxelloise puisque le cap des 100 000 personnes (pour 330 000 au total) ayant reçu leur deuxième dose a été franchi. "Nous avons injecté 63 000 vaccins la semaine dernière, dont de nombreuses deuxièmes doses, un record."

Il y a deux semaines, la vaccination mobile, qui vise à vacciner les personnes en difficulté, comme celles qui ne peuvent pas se déplacer, avait débuté. Et plutôt bien. "On a déjà administré presque 1500 vaccins", se félicite Inge Neven. Bruvax, de son côté, a dépassé les plus de 100 000 inscrits et 30 000 personnes sur des listes d’attente depuis le 19 avril.

Mais désormais, pour Bruxelles, l'ambition est de vacciner tout le monde, dont les personnes précarisées, à commencer par les sans-abri. "Notre 20e commune, explique Inge Neven, en évoquant les personnes sans domicile fixe et les sans papiers. Cela représente 50 à 150 000 sans abri, soit 10% de la population." Et donc, dès la semaine prochaine, les sans domicile fixe seront vaccinés avec les équipes mobiles. 

À noter que mi-mai, la Cocom va déposer des affiches à différents endroits de Bruxelles pour promouvoir la vaccination au grand public : dans les bus et les trams, sur des écrans en station de métro, mais aussi dans la rue Neuve et dans 80 night shops.