Après la ferme opposition du bourgmestre de Watermael-Boitsfort Olivier Deleuze (Ecolo), c'est la Ferme du Chant des Cailles qui a envoyé à la Société de logement de la Région bruxelloise (SLRB) sa désapprobation quant à la proposition actuellement sur la table. Pour rappel, la Région entend construire 70 logements sur le terrain et assure que 90% du site restera non bâti.

La Ferme du Chant des Cailles estime que "malgré un climat cordial, les rencontres du groupe de travail n'ont pas permis un dialogue effectif". L'ASBL avait conditionné sa participation à l'audition d'experts de l'agriculture urbaine, des stratégies Good soil et Good food, ainsi que des bâtiments exemplaires. "Il s'agissait d'établir une vision commune des conditions nécessaires au maintien de la qualité de notre projet, explique-t-elle dans sa lettre. Aucun expert n'a été invité."

L'association déplore par ailleurs qu'aucune suite n'ait été donnée à ses demandes répétées que le groupe de travail s'appuie sur les résultats de la recherche Saule, menée pendant trois ans à la da demande et avec le financement de la Région. "Aucune suite non plus quant à la faisabilité de délocaliser dans le quartier les 70 logements programmés, que ce soit sur du bâti existant ou sur le terrain proposé par la commune. Une telle fermeture à ce qui représentait pour nous les fondements de la confiance nous a empêchés de participer à l'élaboration de ce projet de protocole."

La Ferme critique en outre la proposition du protocole de remplacer son modèle économique, sur lequel repose la solidarité et la participation citoyenne, par une dépendance aux fonds publics. "Il prévoit un contrôle de la gouvernance et des activités qui entraînerait inéluctablement un effondrement de l'engagement citoyen et du système collaboratif en place. Ce projet de protocole ne permet pas de préserver ni pérenniser les activités de la Ferme. En prévoyant un contrôle unilatéral de son économie, il met à mal sa philosophie, qui fait sa réussite."