Malgré les consignes strictes, de nombreux Bruxellois stagnent dans les parcs, y jouent au foot, pique-niquent, etc. Les gardiens de parc veillent, la police verbalise. Reportage.

Masques bien ancrés sur le visage, les deux gardiens de parcs de Bruxelles-Environnement Alexandra Brevez et Omar Ait Ahmad tentent de faire assurer les bonnes pratiques de distanciation dans le parc Tenbosch, à Ixelles, avec bienveillance. Ce parc exigu aux chemins étroits fait partie des points d'attention de Bruxelles-Environnement, qui envisageait même une gestion des entrées comme dans les grandes surfaces. Ce samedi, il n'en était rien. Le parc ixellois n'est pas bondé, la plupart des promeneurs respectent les règles, certains obéissent aux consignes d'Alexandra et Omar. Mais pas tous, "loin de là", commente Alexandra tout en demandant à un jeune couple assis sur un banc du parc de se lever.

"Nous passons notre temps à expliquer aux gens qu'ils ne peuvent pas s'asseoir dans l'herbe, encore moins pique-niquer ou jouer au football. Mais toutes et tous savent que nous ne pouvons pas les verbaliser. Alors ils ne nous écoutent pas. Ils ne semblent pas comprendre la gravité de la situation." Pour se faire respecter, Alexandra et Omar sont obligés de faire appel à la police, qui débarque vingt minutes plus tard. La cible : trois jeunes Espagnols jouant au mini-foot sur le terrain du parc Tenbosch. "Nous avons installé une barrière mais ils l'ont franchie. On leur a dit que c'était interdit mais ils nous ont répondu qu'ils n'avaient ni terrasse ni jardin... Puis sont restés à jouer au foot", déplore Omar.

© BAUWERAERTS DIDIER

L'arrivée de la police change la donne. Deux joueurs étaient déjà partis. "On est bien d'accord que vous ne faites rien de mal. Ce n'est gai pour personne mais il est impératif de respecter les consignes", assure cette policière d'Ixelles au joueur encore présent, qui devra payer une amende de 250 euros. L'équipe est rejointe par trois autres policiers. Leur présence, en nombre, dans ce petit parc urbain produit des effets immédiats. Les gens se lèvent d'un coup, quittent les pelouses. Enfin presque tous. Cette jeune néerlandophone est venue avec son chat. Elle s'est à peine assise cinq minutes sur le gazon que la police lui demande de partir. Ce qu'elle fera avec le plus grand sourire.

"Depuis ce matin, nous avons dressé une petite dizaine d'amendes", commente cette policière ixelloise, particulièrement courtoise avec les promeneurs. Ici, une femme allaite assises dans l'herbe. Là une adolescente avec son chat en laisse. Plus loin, une famille assise dans l'herbe avec deux bébés. Derrière, trois jeunes femmes en train de boire quelques bières Corona, elles aussi assises dans l'herbe... "Ces comportements sont interdits", poursuit la policière. "On ne va pas verbaliser tout le monde mais on leur demande de bouger, leur rappelle les règles."

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Les policiers comme les gardiens de parcs font le même constat : "les gens respectent très peu les consignes. Ils ne semblent pas prendre conscience que tout le monde doit jouer le jeu pour endiguer la pandémie." Alexandra et Omar s'attendaient néanmoins à pire ce samedi. Ils appréhendent dimanche. "Il fera encore plus chaud. Et ceux qui doivent travailler ce samedi seront en congé demain. On s'attend à voir passer beaucoup plus de monde."