La fermeture des deux commerces alternatifs à Schaerbeek inquiète les tenanciers du coin.

Les commerces situés sur le coin de l’avenue Louis Bertrand, aux numéros 23 et 25 à Schaerbeek, ont les volets tirés. En cause, la librairie alternative, 100 Papiers, a fermé vers la fin de l’année dernière, tandis que Namasthé, qui proposait des produits bio, a mis la clé sous le paillasson il y a deux semaines.

Etienne Noël (LB), échevin des Classes Moyennes de Schaerbeek, s’est dit "attristé par ces fermetures", d’autant que selon lui, les autres types de commerces, alternatifs ou non, fonctionnent bien dans ce quartier. "L’évolution qu’est en train de vivre ce quartier est positive et il est dommage que ces deux commerces aient dû fermer", explique-t-il.

Une évolution qui s’inscrit dans la dynamique des quartiers bourgeois bohème de Saint-Gilles ou de Forest. Xavier Winkel, gérant du Bar du Gaspi situé à deux pas de l’avenue Louis Bertrand, possède la même clientèle que celle qui fréquentait les commerces en faillite. "J’ai mon bistrot ici depuis 30 ans mais j’ai rouvert il y a cinq ans, en même temps que Namasthé et la librairie 100 Papiers."

Son but était de créer, à Schaerbeek, un pôle bobo, à l’instar de la place Flagey ou du quartier du Châtelain à Ixelles. "Nous voulions ouvrir des commerces destinés à une clientèle différente. J’entends par là que nous visons une clientèle socio-culturelle, intellectuelle, artiste", développe Xavier Winkel.

Ce gérant de 65 ans estime que la commune n’est certes pas responsable de la faillite des deux commerces, mais il déplore qu’elle n’ait rien mis en œuvre pour éviter leur fermeture. Ce que réfute catégoriquement Etienne Noël : "Nous avons tout fait pour que ce quartier soit des plus agréables. On a rénové l’église Saint-Servais, le parc Josaphat à proximité a été entièrement refait et la plupart des commerces tournent bien", clame-t-il.

L’échevin des Classes Moyennes ajoute que dans le programme de législature, il y a une volonté de reconvertir l’ancien dépôt de la Stib, là où les apéros urbains se tiennent chaque vendredi, en un marché bio couvert, "avec éventuellement la collaboration du personnel de Namasthé", ajoute Etienne Noël. "Preuve, s’il en est, que nous n’abandonnons pas ces commerces !", poursuit-il.

De son côté, Xavier Winkel aimerait bien drainer quelques cafés de type bobo à Schaerbeek, mais pour ce faire, un réaménagement de la place s’imposerait. "Le conseil communal a voté, fin janvier, un arrêté de police obligeant les bistrots a fermé à 1 hdu matin pendant la semaine, 3 h pendant le week-end. Une aberration ! De plus, aucune concertation entre la commune et les commerçants n’a eu lieu", conclut Xavier Winkel, qui a introduit un recours au conseil d’État.