"Cette question ne figure pas dans l'accord de gouvernement. Il y aura donc une liberté de vote pour chacune et chacun des parlementaires. Avec, bien en tête, nos deux balises, le respect du bien-être animal et le respect de toutes les libertés, dont la liberté de culte. On regrette l'hypocrisie du débat actuel, qui se concentre sur les dernières minutes de la vie de l'animal alors qu'il faudrait améliorer son bien-être tout au long de sa vie", a-t-on rappelé au siège du parti.

Les deux balises ne sont pas incompatibles, selon les Verts francophones. "Les techniques d'abattage et les pratiques religieuses évoluent. On essaiera d'arriver à une solution qui convienne au plus grand nombre", expliquait au mois de janvier la co-présidente, Rajae Maouane (Écolo), au mois de janvier sur le plateau de BX1.


"C'est dommage de polariser le débat avant qu'il soit lancé"

Au coeur du débat se trouve une proposition d'ordonnance rédigée au mois de janvier et co-signée par DéFI, Groen et l'Open Vld, soit les trois autres partis de la majorité à côté du PS, de Vooruit et d'Ecolo. Chez DéFI, l'on regrettait vendredi une prise de position des socialistes alors même que le débat en commission du parlement bruxellois n'a pas commencé. Des auditions auront lieu, a rappelé le chef de groupe, Emmanuel De Bock. Il s'agira d'entendre des juristes, de s'informer sur ce qui se pratique dans les autres pays, etc. comme ce fut le cas dans les autres parlements régionaux, qui ont, eux, approuvé cette interdiction.

"La question n'est pas celle de l'abattage rituel comme le laisse entendre le PS mais celle de l'abattage sans étourdissement et du bien-être animal. C'est dommage de polariser le débat avant qu'il soit lancé car, même au sein des communautés religieuses, les positions ne sont pas unanimes et certains fidèles préfèrent consommer de la viande d'un animal qui n'a pas enduré la souffrance d'être abattu sans être étourdi", a expliqué M. De Bock (Défi), interrogé par l'Agence Belga.

Le texte des trois partis n'est d'ailleurs pas à prendre ou à laisser, a-t-il ajouté. "Nous ne cherchons pas d'affrontement avec le PS en passant en force. Cette proposition peut être amendée pour faire droit à certaines objections des socialistes et nous sommes prêts à prendre du temps".
Les amarantes s'étonnent comme d'autres de la position différente du PS sur ce point, suivant qu'il s'agisse des villes de Wallonie, où les socialistes ont soutenu l'interdiction, ou de Bruxelles, où ils s'y opposent. "Je ne comprends pas que l'on décline différemment le bien-être animal à Bruxelles, à Charleroi ou Liège. L'argument de la sociologie bruxelloise qui serait différente n'a pas de sens", a encore dit M. De Bock.