Depuis mercredi matin, les riverains de l’ancienne cité administrative, à deux pas de la rue Royale, assistent avec effroi à l’abattage des grands arbres de la parcelle. “Nous sommes tristes et en colère. Ils font cela comme des sauvages en arrachant les arbres avec leurs machines. Ils laissent les souches”, déplore Marie-Anne Swartenbroekx, coordinatrice du comité de quartier Notre-Dame-aux-Neiges. “Le site comprenait 397 arbres à haute tige dont 224 platanes dans la partie du jardin “organique” et 173 arbres dans la zone des futures constructions, écrit-elle dans la revue en ligne d’Inter-Environnement Bruxelles.

Le comité de quartier Notre-Dame-aux-Neiges, riverain de l’ancienne cité administrative, est situé entre le Parlement, la petite ceinture et la rue Royale. “Pour de nombreux voisins cette zone arborée était un lieu de promenade, indique Marie-Anne Swartenbroekx, C’était un endroit particulier avec notamment les 220 platanes plantés par l’architecte paysagiste René Pechère. Dans le PPAS (Plan particulier de l’acquisition des sols), il était indiqué que ces arbres, notamment les platanes, seraient majoritairement préservés”.

Dans son article, Marie-Anne Swartenbroekx, qui suit ce dossier depuis 2018, explicite : “le permis d’urbanisme délivré le 6 août 2019 a autorisé l’abattage de l’ensemble de ces arbres alors même que le Plan Particulier d’Affectation du Sol (PPAS) “Pacheco” prescrivait le maintien en bonne santé des arbres à la seule exception de la construction d’un nouveau bâtiment au droit de leur implantation”. Le comité de quartier a déposé plusieurs recours contre ce permis d’urbanisme qui pour le comité “viole le PPAS” en accordant l’abattage des 397 arbres, dont les 224 platanes. “Les échanges des mémoires sont terminés nous sommes dans l’attente d’une date d’audience” ajoute la riveraine en colère..

À la place de ces arbres deux promoteurs immobiliers privés vont construire des tours de logements “ainsi qu’une crèche et une école”, précise Marc Debont, porte-parole de Pascal Smet, Secrétaire d’État à la Région de Bruxelles-Capitale, chargé de l’Urbanisme. Le projet prévoit également la plantation de 216 arbres à hautes tiges : 180 Charmes, 17 Erables Champêtres, 14 Ginkgo biloba et cinq Hêtres. “Dans le projet il est indiqué que moins d’arbres espacés procurent plus d’ombre que 300 arbres les uns sur les autres", précise le porte-parole de Pascal Smet.

“Il faut 25 ans pour que les arbres aient la même hauteur protectrice, souligne Marie-Anne Swartenbroekx. C’est une escroquerie. Cela va rester un îlot de chaleur urbain sans arbre pendant des années. À l’heure du réchauffement climatique, c’est l’inverse qu’il faudrait faire”. L’habitante du quartier regrette également le manque de communication concernant le phasage des travaux.

Le porte-parole de Pascal Smet rappelle que le permis d’urbanisme est légal, qu’il a été accordé en 2019 et que dans le cadre de ce permis d’urbanisme l’abattage des 397 arbres a été autorisé. “La première enquête publique date de 2017. On ne va pas refaire le débat maintenant”.