C'est un fait connu de tous : l'accès à des distributeurs de billets à Bruxelles se fait de plus en plus difficile. Surtout dans les communes comme Molenbeek, Anderlecht, Haren, Neder-Over-Heembeek, snobbées par les banques. C'est pourquoi la libérale Anne-Charlotte d'Ursel et Bianca Debaets (CD&V) ont déposé ce mardi deux propositions de résolution au parlement bruxellois visant à prévenir des manquements des controversées Batopin et Jofico. Des manquements dont elles pourront s'informer auprès des dirigeants de Batopin, auditionnés ce mecredi matin en commission des affaires économiques et de l'emploi, au parlement bruxellois.

La première s'adresse au gouvernement fédéral, il s'agit de "mettre en place les balises nécessaires" auprès des consortiums bancaires comme Batopin. Pour rappel, cette association de Belfius, ING, BNP et KBC vise à réduire progressivement le nombre de distributeurs pour les remplacer par un service "neutre". Elle compte également une petite soeur, Jofico (rassemblant Argenta, Axa Banque, Bpost, Crelan et VDK bank), qui ne prévoit pas de supprimer directement les guichets, mais les sous-traîtera. Une stratégie qui en inquiète beaucoup, dont Financité, réseau d'action et d'éducation de la finance. "Si nous n’arrêtons pas ce projet (Batopin, NdlR), un tiers des distributeurs de billets sont voués à disparaître." Un constat partagé par Anne-Charlotte d'Ursel : "en région bruxelloise, nous comptions 1268 distributeurs en 2014, pour 1023 en 2017". Si le service diminue, sa qualité aussi, c'est pourquoi ce texte demande "à inclure dans les distributeurs Batopin la possibilité de faire des virements ou de consulter son solde, notamment". Le texte évoque également le contrat de gestion de Bpost, la banque publique devra prendre en charge les futurs manquements géographiques de Batopin.

Au niveau bruxellois, les deux femmes politiques aimeraient changer la donne en actionnant l'un des seuls leviers de la région : la taxe. Dans la philosophie libérale, Anne-Charlotte d'Ursel demande à "ce qu'on baisse la taxe régionale sur les distributeurs, avant tout dans les quartiers où il en manque." Et Bianca Debaets d'ajouter "la taxe régionale est une cause du problème, mais pas la seule. Il faut aussi harmoniser les taxes communales, leur écart n'est pas cohérent". De fait, là où Bruxelles-Ville demande 105 euros par an par guichet, Schaerbeek en demande 4163, Uccle 2200 et Berchem-Sainte-Agathe 5762. Parmi les autres mesures dans le texte, la mise en place d'une procédure accélérant l'accès au permis d'urbanisme, et la mise en place desdits distributeurs aussi dans des lieux publics gérés par la Régie Foncière.

Les autres partis vont dans le même sens

Au PTB bruxellois, on souligne l'importance de faire pression sur le fédéral avant tout. Le député Francis Dagrin affirme que l'initiative ne lui semble pas mauvaise et qu'il "y a une unanimité dans les partis" au sujet de Batopin, sans non plus promettre un appui. "On votera pour une proposition qui va dans le bon sens, après l'avoir lue. Mais on rappelle que le MR est au gouvernement fédéral, c'est là qu'il doit faire ses propositions." Pour le parti de gauche radicale, une seule solution : le retour de ces conglomérats dans le giron public. "Batopin et Jofico vont dans le même sens. C'est pourquoi, dans notre demande au fédéral, nous demandons Batofico, un mix qui serait public."