Les mesures qui figurent dans l'accord de gouvernement sont-elles toutes finançables ? Les associations en doutent...

Dans une ambiance décontractée, les cinq ministres et les trois secrétaires d’État bruxellois ont prêté serment ce jeudi après-midi, devant les 89 députés régionaux, avant la lecture de la déclaration du gouvernement Vervoort III composé du PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD et one.brussels. Le ministre-président a lui prêté serment chez le Roi en début d’après-midi.

Du côté des associations, l’accueil réservé à la déclaration de politique générale présentée mercredi soir - et qui doit fixer les balises de la politique régionale pour les cinq prochaines années - est mitigé. Si de nombreuses mesures sont accueillies à bras ouverts, les organisations s’interrogent toutefois sur la faisabilité de certaines d’entre elles.

Ainsi, le Gracq, l’association des cyclistes quotidiens, se réjouit des mesures présentées en matière de mobilité comme la généralisation du 30 km/h hormis sur les grands axes ou la réduction de la pression automobile via la fiscalité et la politique de stationnement notamment. Mais elle est plus circonspecte concernant la budgétisation de ces mesures. "La principale interrogation est le budget. Il sera nécessairement conséquent pour financer les grands projets d’infrastructure (métro Nord, lignes de tram, infrastructures cyclables, etc.), mais également pour déployer l’ensemble des mesures sur le terrain. Nous seront donc attentifs à ce point dans les mois et années à venir", explique l’organisation.

La même inquiétude est partagée par l’Union des Classes Moyennes (UCM). "Nous nous inquiétons de la mise en œuvre concrète des différents chantiers et de leurs impacts budgétaires. Les dernières prévisions font déjà état d’une dette qui se creusera de 4 milliards d’euros d’ici 2024", s’inquiète l’UCM. "De plus, nous resterons attentifs à la mise en œuvre des mesures liées à la lutte contre les discriminations."

L’organisation patronale flamande Voka regrette de son côté que le volet économique n’ait pas été assez pris en compte dans l’accord de majorité. "Nous sommes satisfaits que l’ambition est d’améliorer la qualité de vie à Bruxelles, mais nous regrettons que cela se fasse au détriment du rayonnement de la capitale à l’étranger. L’aspect économique semble avoir été mis de côté", regrette le Voka.

Enfin, la volonté d’instaurer un système de consignes pour les canettes et bouteilles en plastique sur le territoire de la Région bruxelloise, et le fait de confier à un ministre, et non plus à un secrétaire d’Etat, la compétence du bien-être animal, sont accueillis positivement par des associations actives dans ces domaines, comme l’ONG Recycling Netwerk.

Les députés bruxellois décideront par un vote, samedi après 16 heures, s’ils accordent leur confiance au nouveau gouvernement bruxellois.