La 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé jeudi un acquittement en faveur d’un prévenu T.M. accusé de “viol sur mineur” ainsi que “coups et blessures à multiples reprises”.

Le prévenu était accusé d’avoir violé et frappé sa petite amie, âgée de 15 ans au moment des faits. Il avait quant à lui 23 ans à l’époque. Selon le dossier d’instruction, les faits se seraient déroulés entre février 2020 et août 2020 lorsqu’ils étaient en couple. C’est le frère de la petite amie qui avait décidé de porter plainte contre lui : “ma sœur était sous sa coupe” avait-il affirmé. À la suite de quoi, un mandat d’arrêt avait été décerné contre T.M.

"À ce moment-là, je ne défendais pas T.M. Lors des interrogatoires, il a menti sur la nature de la relation avec la victime. Il a dit qu’ils n’étaient pas en couple. Et comme mon client avait des antécédents judiciaires, c’était donc vraiment le coupable idéal”, raconte son conseil, l’avocate Julie Lefranc.

Le parquet avait requis quatre ans de prison ferme contre T.M. Entre-temps, la petite amie était repartie vivre chez son père en Espagne. “J’ai reçu un coup de téléphone de la fille. Elle m’a assuré qu’elle n’avait jamais été violée, qu’ils n’avaient jamais eu de rapports sexuels et qu’il ne l’avait jamais battu."

Un tuteur légal a été désigné en Belgique pour la jeune fille. Celle-ci c’est rendu spontanément chez un gynécologue en Espagne : "Son examen affirme que la fille était toujours vierge. J’ai bien évidemment déposé ce document à l’audience. Car sans celui-ci et son témoignage, mon client serait probablement resté en prison" rapporte l’avocate.

“Il n’y a jamais eu d’enquête pour vérifier qui avait blessé la victime. Ça aurait pu être n’importe qui, contrairement à ce que disait le frère. Ainsi avec tous ces éléments contradictoires, j’ai plaidé l’acquittement pour mon client” détaille Me LeFranc.

C’est également ce qu’a tranché le tribunal. T.M. a seulement été condamné à une peine de travail de 50 heures pour “menaces” à cause des messages qu’il avait envoyé au frère de la victime.

“Mon client a passé huit mois en détention. Il est soulagé mais il reste très choqué par son passage en prison. La jeune fille m’a aussi téléphoné, elle pleurait de joie."