Les commerçants de la galerie du centre-ville doivent quitter les lieux pour septembre

BRUXELLES Ils sont amers mais résignés. La quinzaine de commerçants du passage Saint-Honoré, proche de la Grand-Place, va devoir faire ses valises et quitter les lieux pour le mois de septembre.

Si cette galerie, qui relie la rue Marché aux Poulets à la rue des Fripiers, n’est pas toujours fort fréquentée, elle s’était fait une spécialité de la culture underground. On y trouve le célèbre disquaire Caroline, installé dans le passage depuis 1981 et rendez-vous incontournable des amateurs de petits labels indépendants. Un tatoueur et un salon de piercing ajoutent à l’ambiance rock de l’endroit.

“Le bail de chacun a été cassé, avec une indemnisation d’un an et notre préavis court jusqu’à la fin septembre. Cela veut dire qu’à partir d’octobre, tous les commerçants qui se trouvent dans le passage Saint-Honoré devront avoir trouvé un autre emplacement” , explique André Tart, gérant de Caroline Music. “Une centaine d’appartements sont en train d’être construits et aménagés. Pour la galerie, on ne sait pas grand-chose” , ajoute-t-il.

Les commerçants sont fatalistes. Ils n’ont pas le choix, ils devront partir. Ils ont bien tenté de résister en intentant une action devant le juge de paix mais elle n’a pas abouti. Beaucoup soupçonnent la société propriétaire des lieux, B&W Holding, d’expulser les locataires pour un simple rafraîchissement pour pouvoir ensuite augmenter drastiquement les loyers.

Pour l’heure, B&W confirme que les surfaces commerciales seront sans doute agrandies pour accueillir de grandes enseignes. Mais l’entreprise assure qu’il restera malgré tout de la place pour les petits commerçants.

“Ça va devenir comme la rue Neuve, des grandes enseignes. C’est la mort des petits indépendants” , soupire Patrick Liétart, dit Psychopat, gérant du salon de tatouage. “Quand une entreprise fait faillite, cela fait beaucoup de bruit. Mais nous, nous sommes presque une quarantaine à travailler dans la galerie. On va tous se retrouver à la rue dans l’indifférence générale. C’est une petite catastrophe sociale” , conclut David Seghers, restaurateur.

Évidemment, il sera difficile pour ces petits indépendants de retrouver un espace identique dans le centre de Bruxelles. Pour la plupart, 4.000 ou 5.000 € de loyer mensuels, ce n’est pas envisageable. “Actuellement, ce n’est pas cher. Je paye 800 € pour 50 m2” , explique Selina De La Vega, gérante d’un magasin de vêtements.



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