L’opposition reproche au gouvernement bruxellois de ne pas avoir suffisamment contrôlé le Samusocial.

Les premières auditions sur le Samusocialgate ont débuté hier au parlement bruxellois. Les députés de l’opposition Alain Maron (Écolo) et Vincent De Wolf (MR) ont notamment pointé le manque de réaction du gouvernement bruxellois face à des problèmes de gouvernance aigus visiblement connus. "Le gouvernement a été lourdement négligent, voire absent, dans le contrôle du Samusocial" , a lâché le libéral.

Alors que le ministre bruxellois Pascal Smet (SPA) s’était offert une belle visibilité médiatique en réclamant la démission du bourgmestre de la Ville Yvan Mayeur (PS) la semaine passée, l’écologiste s’est amusé à souligner que le socialiste flamand a pourtant toujours été enclin à renforcer les moyens du Samusocial, et ce malgré son opacité. "Alors que Monsieur Mayeur s’était vivement opposé à la demande du gouvernement d’avoir des représentants au sein du conseil d’administration, le Samusocial a obtenu des subsides toujours plus importants de votre part", a déclaré Alain Maron. Ce dernier a rappelé que le ministre Smet avait notamment capté 5 millions de son budget mobilité pour l’acquisition du bâtiment Poincaré, mis gratuitement à disposition du Samusocial.

Le ministre a rétorqué qu’un contrat de gestion avait pu être conclu en raison de l’augmentation des moyens alloués, mais que cela n’avait, en effet, pas été évident. "L’objectif de départ était d’avoir des administrateurs et pas seulement des commissaires. Nous avons eu des réunions très difficiles avec Yvan Mayeur. Et nous avons reçu un courrier du cabinet Uyttendaele nous disant qu’on ne pouvait pas faire ça. On devait conclure un contrat et on l’a fait."

Aux yeux de Pascal Smet, il était logique de dissocier le fonctionnement administratif et politique de la partie opérationnelle. "Les 300 travailleurs du Samusocial font du bon travail et nous trouvions intolérable que des gens dorment dans la rue en hiver. Pour étendre le nombre de lits, le financement a été majoré."

Mais cela n’a pas suffi à convaincre l’opiniâtre député écologiste. "Il y a une certaine schizophrénie dans vos propos ! Vous dites que vous avez été malmené depuis le début par le Samusocial. Vous décrivez une relation guerrière avec une institution qui refuse la transparence. Mais vous lui accordez de nouvelles missions et plus de moyens. C’est étonnant !"