Le port du masque est obligatoire dans les transports en commun depuis que le Conseil National de Sécurité l'a imposé lors de la première phase du déconfinement, le 4 mai.

RTL rapporte l'agression violente dont a fait l'objet François, photoreporter, lorsqu'il a fait une remarque à deux individus qui avaient visiblement décidé de ne pas respecter cette règle.

Le 4 juin dernier, muni de son appareil photo, il était en déplacement pour couvrir une action du mouvement Exctinction Rebellion au bois de la Cambre. Alors qu'il se trouvait dans le tram pour arriver à destination, il aperçoit deux hommes, "1 mètre 85, bien balaises", qui ne portent pas de masque.

"J'ai perdu ma grand-mère à cause du coronavirus donc je sais ce que c'est de perdre quelqu'un à cause du virus. Ces gens n'en ont pas conscience, ils sont dangereux", avance-t-il pour expliquer la raison de son mécontentement.

François décide de le leur faire remarquer mais la situation dérape rapidement: "Dégage, ta mère", lui répondent les deux personnes.

Le photographe se dirige vers le conducteur pour l'avertir mais cela ne semble pas du tout au goût des deux délinquants. L'un d'eux attrape l'appareil photo de François et le frappe violemment au crâne avec.

"J'ai empoigné mon appareil, je l'ai blotti contre moi et j'ai ramassé des coups des deux mecs", raconte-t-il.

Le chauffeur du tram alerte alors la sécurité. Le véhicule s'immobilise mais les deux hommes parviennent à prendre la fuite.

"J'ai vu une flaque de sang à mes pieds alors je me suis dit 'ouille, je suis quand même bien blessé'", se remémore-t-il.

Il souligne cependant la solidarité des autres passagers du tram: "J'étais assez étonné." "Un petit ket de 10 ou 11 ans est allé m'acheter une bouteille d'eau et j'ai retrouvé un spray désinfectant qu'il a laissé dans mon sac d'appareil photo. Les gens autour ont pris soin de moi".

François a été rapidement transporté à l'hôpital en ambulance. Il s'en est sorti avec plusieurs points de suture sur le crâne et des contusions: "Je ne vais pas me plaindre il y a des choses bien plus graves, j'appelle ça un accident de vie", relativise-t-il.

Malgré tout, le photoreporter se dit choqué par la violence des faits: "Je suis reporter humanitaire, j'ai fait la révolution égyptienne, je suis allé en Syrie, il m'est arrivé d'avoir quelques petits bobos mais la plus grosse cicatrice que je vais avoir dans mon métier de reporter, c'est en Belgique dans un tram".

La porte-parole de la zone de police d'Ixelles a confirmé à RTL que deux individus avaient été interpellés. Ils ont été privés de liberté et auditionnés par le procureur du Roi pour répondre de l'agression envers François. Ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel le 19 juin prochain pour coups et blessures.