Schaerbeek a déjà donné sa réponse. L'Exécutif des musulmans de Belgique n'y est pas non plus favorable.

La proposition de l'ancien conseiller communal Halis Kokten d'organiser la prière de fin de ramadan (Aid el Fitr) en plein air moyennant des conditions sanitaires strictes n'a pas reçu un écho enthousiaste, tant dans le chef des communes concernées que du côté de l'Exécutif des musulmans de Belgique. Sa proposition n'est pas non plus soutenue par une grande partie de la communauté musulmane de Bruxelles.

La commune de Schaerbeek a rapidement réagi. "Nous comprenons bien évidemment le souhait de la communauté musulmane de pouvoir célébrer la fin du ramadan en permettant à un plus grand nombre de fidèles de se rassembler. C’est bien le sens de cette fête de la partager entre croyants", explique-t-on au cabinet de la bourgmestre Cécile Jodogne (Défi). "Mais nous sommes malheureusement au regret de ne pouvoir y répondre favorablement au vu des directives du gouvernement fédéral toujours en vigueur aujourd’hui. Les arrêtés ministériels pris par le Gouvernement fédéral dans le but de limiter la propagation du virus sont très clairs sur les cérémonies religieuses : […] Considérant que, compte tenu de ce qui précède, les rassemblements dans des lieux clos et couverts, mais également en plein air constituent un danger particulier pour la santé publique ; Considérant, par conséquent, qu’une mesure de police imposant l’interdiction de tout rassemblement est indispensable et proportionnée. […]"

Sollicitées, la commune d'Evere et la Ville de Bruxelles n'ont pas souhaité réagir, se cantonnant au rappel du respect des mesures sanitaires prises par le gouvernement fédéral.

L'Exécutif des musulmans a par ailleurs communiqué sur la question de l'Aid el Fitr hier en fin de journée. "Malheureusement, il est déjà certain que les mosquées ne pourront pas rouvrir leurs portes au public durant la fête de fin du Ramadan qui aura lieu le 23 ou le 24 mai prochain. De plus, les rassemblements de personnes en tout autre lieu restent pour l’instant également proscrits. En conséquence, la prière de l’Aïd ne pourra être accomplie qu’à la maison, sans khotba (discours) et en cercle très restreint, à savoir uniquement entre les membres de la famille vivant sous le même toit. De même, la fête ne pourra être partagée qu’entre les personnes qui vivent sous le même toit avec en plus, éventuellement, les quatre personnes que le Conseil National de Sécurité a autorisées à recevoir sous certaines conditions depuis le 10 mai dernier."

Un message suivi et partagé par toutes les mosquées bruxelloises.