Elle souhaitait par là attirer l'attention sur la nécessité et les besoins de cette prise en charge genrée, à l'occasion de la journée des droits des femmes. "Etre femme dans la rue, c'est d'autant plus compliqué", a fait valoir la chanteuse. "Je trouve que c'était important de saluer le travail du Samusocial, que les autorités les soutiennent aussi. Il manque énormément de moyens pour faire tout le suivi nécessaire, avoir une équipe de psychologues... Permettre à toutes ces femmes de sortir de la rue, c'est très complexe".

Des efforts ont déjà été consentis par les autorités régionales. Les moyens mis à disposition ont permis d'ouvrir deux centres non mixtes réservées aux femmes, offrant une capacité totale de 150 places. Le Samusocial travaille aujourd'hui au développement d'une approche et d'une prise en charge spécifiques pour les femmes en détresse sociale.

Sur les 2.273 femmes (931 femmes isolées et 1.342 femmes avec enfants) accueillies par le Samusocial en 2020, 280 (129 femmes seules et 151 femmes avec enfants), soit plus de 5 femmes par semaine, ont déclaré être victimes de violences conjugales. Les travailleurs sociaux des centres estiment que ce nombre se situe en dessous de la réalité, car il ne concerne que les cas déclarés.

"Les femmes sans-abri aidées par le Samusocial deviennent souvent sans-abri car elle fuient une situation d'insécurité (conjoint violent, réseau de prostitution ou de traite des êtres humains)", avance le Samusocial dans son communiqué. Il souligne de plus "la difficulté d'accompagner des femmes sans papiers vers une reconstruction et une réinsertion car aucune voie légale de sortie de rue n'est possible. Les troubles psychologiques constituent une problématique majeure observée chez les femmes sans-abri qui se chronicisent dans l'errance". Le Samusocial ajoute qu'il y a encore dans son public des femmes qui ont été expulsées de leur logement, qui ont perdu leur travail ou qui souffrent d'assuétude.

Le nombre de femmes seules accueillies a presque doublé entre 2007 et 2020, passant de 583 à 931 femmes. Jamais une femme n'avait dû être refusée avant 2018.

Les moyens supplémentaires débloqués durant la crise Covid-19 ont offert aux femmes accueillies du temps pour redresser leurs situations et ont permis aux équipes sociales de réaliser un travail d'accompagnement plus serein qui a eu des résultats. Sur les 279 femmes accueillies entre le 1er mai et le 30 août dans le bâtiment Helmut Kohl, 64 femmes ont pu être orientées vers des solutions de sortie pérennes.