Des centaines de logements insalubres sont mis en location pour un loyer exorbitant auprès de personnes en grande difficulté sociale.

Le phénomène des marchands de sommeil prend des proportions inquiétantes à Anderlecht : des centaines de logements insalubres sont mis en location par des propriétaires auprès de personnes en grande difficulté sociale.

Ces logements sont en infraction aux règles d'urbanisme, au code du logement et à la dignité humaine. "Les marchands de sommeil sont des propriétaires sans scrupules qui logent leurs locataires (des personnes vulnérables, avec des revenus très bas ou sans permis de séjour) dans des immeubles insalubres et surpeuplés, pour des loyers anormalement élevés", explique Alain Kestemont (Défi), échevin de l'Urbanisme.

Raison pour laquelle la lutte contre l'insalubrité et les propriétaires malhonnêtes figure parmi les priorités de la commune d'Anderlecht. "Un travail complexe et de longue haleine est actuellement mis en place, en étroite collaboration avec les services de police et le service de l'hygiène, afin d'endiguer le phénomène", ajoute Alain Kestemont.

Concrètement, lorsque la commune reçoit un signalement concernant un marchand de sommeil sur son territoire, des agents du service Taxes-Contrôle se rendent sur place et voient s'il y a matière à sanctionner. Si c'est le cas, un procès-verbal est dressé et transmis au Parquet. Le Parquet peut ensuite décider de poursuivre pénalement les infractions urbanisitiques graves et les propriétaires suspectés de marchands de sommeil. Si le Parquet ne poursuit pas, la commune dressera néanmoins des amendes administratives.

195 PV pour des immeubles et terrains à l'abandon

Par ailleurs, quelque 195 procès-verbaux ont été dressés depuis le début de la législature pour des immeubles et terrains à l'abandon, suite à des dénonciations ou des plaintes de citoyens.

Afin d'enrayer le phénomène, une liste des immeubles et terrains à l'abandon a été dressée par le service Taxes Contrôles. Les employés du service prévention de la commune, avec des policiers, vont visiter tous les immeubles et terrains repris dans cette liste afin d'identifier ceux qui sont squattés. Ces immeubles squattés feront l'objet d'une procédure classique en vue le cas échéant d'un arrêté d'expulsion et mise en demeure du propriétaire de fermer son bien hermétiquement. "Ainsi, la commune dispose d'une liste régulièrement mise à jour et la garantie que tous les bâtiments qui y figurent auront fait lo'bjet d'une visite policière en dehors de la procédure de taxation", ajoute Alain Kestemont. "Le but final est de pouvoir épurer au maximum la liste et mettre en évidence les adresses qui ne font pas l'objet de contestations valables et qui pourraient servir d'exemple dans la mise en oeuvre de notre politique."