Bruxelles L’évolution du site des Abattoirs et l'instabilité politique autour du dossier de l’abattage sans étourdissement freine les investisseurs.

Le site des Abattoirs d’Anderlecht est en pleine mutation et les activités d’abattage pourraient cesser à partir de 2023. À partir de cette date, un projet flambant neuf baptisé Manufakture va voir le jour. Il s’agit d’un nouveau bâtiment destiné au secteur de la production de viande et d’alimentation. Sa réalisation s’inscrit dans le cadre d’un appel à projets du programme Feder 2014-2020, pour lequel la candidature d’Abattoirs a été retenue.

Les directeurs des Abattoirs souhaitent inclure, au rez-de-chaussée du bâtiment, une chaîne d’abattage pour les bovins mais aucun candidat investisseur n’a pour l’heure été trouvé pour garantir l’exploitation de cette chaîne.

Cette réticence s’explique par la situation politique actuelle en Région bruxelloise où l’abattage sans étourdissement est toujours toléré, contrairement aux deux autres Régions. Le sujet est sensible et ne figure pas dans l’accord de majorité mais cette mesure pourrait toutefois changer avec le nouveau gouvernement bruxellois, engendrant de facto une réticence de la part des potentiels repreneurs.

"D’ici là, les abattages vont se poursuivre dans l’endroit actuel mais le projet Manufakture devrait entraîner la démolition du bâtiment actuel et, sans repreneur pour la chaîne d’abattage au rez-de-chaussée du projet Manufakture, cela sonnerait le glas des activités d’abattage", explique Paul Thielemans, porte-parole d’Abattoirs SA.

Deux autres aspects peuvent expliquer la fin de l’activité d’abattage. "D’un côté, le quartier des Abattoirs est en perpétuelle évolution avec de plus en plus de projets de logements qui vont voir le jour. Les abattoirs dans les grands centres-villes comme à Gand ou Anvers ont disparu car, conserver une activité primaire comme celle-ci dans une zone densément peuplée, est de moins en moins compatible. De l’autre, la diminution de la consommation de viande ne cesse de s’accroître et cela diminue encore la chance de trouver un investisseur pour les 25 prochaines années", conclut Paul Thielemans.