La coopérative s'est installée dans ses nouvelles infrastructures, ce vendredi.

Cela fait déjà trois ans que Le Champignon de Bruxelles, une coopérative bruxelloise, fait pousser des champignons japonais sur de la drêche (déchets issus du brassage de la bière) récupérée dans des brasseries bruxelloises. Un bel exemple de récupération et d’économie circulaire. “L’idée c’est de produire une alimentation saine en revalorisant les ressources organiques de notre ville”, expliquent les créateurs. Des brasseries locales telles que la célèbre brasserie Cantillon ont déjà pris part au projet.

Ce vendredi, ils ont inauguré leurs nouvelles installations dans le magnifique cadre des vastes caves de Cureghem. Perdu dans le dédale des voûtes en briques anciennes, près de quarante ans après avoir accueilli une champignonnière, cet espace somptueux reçoit la jeune coopérative dans un espace de 750 m2. “Tout a été fait sur mesure, parce que rien n’est symétrique ici. En plus, comme les caves sont classées, nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons. Nous devons être capables de bouger d’ici n’importe quand si la cave est exploitée par quelqu’un d’autre. Cela permet aussi de nous laisser un peu de marge pour nous agrandir”, explique Sevan, un des fondateurs.

© Didier Bauweraerts

Trois sortes de champignons sont cultivées : des shiitakes, des namekos et des maitake. Des champignons japonais qui poussent généralement sur de la sciure de bois. “Au début nous avions pensé les faire pousser sur du marc de café. Nous nous sommes vite rendu compte que c’était impossible et après plusieurs années de recherches avec des universitaires et des mémorants, nous avons essayé les drêches et on a rapidement eu des résultats positifs”, raconte Sevan.

Cette méthode novatrice limite non seulement l’impact écologique des cultures mais permet aussi de récupérer les déchets des brasseries qui ne les exploitent pas. “Cela leur coûte de l’argent de se débarrasser des drêches donc si nous les récupérons, c’est un win-win.” Voire même un triple win puisque, une fois exploités, les substrats créés à partir de drêche et de sciure sont envoyés vers les associations No Pilif et Vert d’Iris, notamment, pour en faire du compost.

Cela représente un parfait exemple du développement d’une économie circulaire chère à la Région. Un prêt de 135.000€ a d’ailleurs été accordé par finance.brussels, ce qui représente la moitié de l’investissement nécessaire au projet. “C’est une idée vraiment innovante et enthousiasmante. Une équipe jeune, rigoureuse et dynamique qui participe à l’économie circulaire tout en créant des emplois, nous ne pouvions que les soutenir. Nous avons été séduits par l’apport d’une solution durable à la problématique de gestion des déchets et son installation au cœur d’un quartier précarisé”, a indiqué Serge Vilain, président du comité de direction.

À ce jour, environ 800 kilos de champignons sont récoltés mensuellement. À terme, les installations devraient permettre d’en produire trois tonnes par mois.

© Didier Bauweraerts