Bruxelles

La Licorne a été baptisée par ses parrains, Caroline Pauwels, rectrice de la VUB et Erick Surcouf, descendant du Roi des Corsaires, puis mise à l’eau.

Activité inhabituelle, samedi dès 8h du matin, au quai Demets, à Anderlecht. Il s’agissait en effet de placer un navire de 15m de long sur la remorque d’un camion depuis les ateliers situés à l’arrière du bâtiment du Coop vers le canal. Opération finalement rondement menée devant 200 badauds puisqu’à 10 heures tapante, tout était déjà prêt sur la berge, la grue en place et les harnais déjà judicieusement installés sous la coque pour soulever prudemment cet objet de 10 tonnes. Mettre à l’eau un voilier, l’opération est assez courante. Mais pas quand il s’agit de la réplique d’un authentique vaisseau de guerre de la flotte de Louis XIV à l’échelle un quart, Le Brillant.

© DEMOULIN BERNARD

Mais avant cette mise à l’eau, il s’agissait de baptiser comme il se doit cette fière Licorne. Caroline Pauwels, recteur de la VUB, et Erick Surcouf, arrière-arrière-arrière-petit-neveux de Robert Surcouf, le Roi des Corsaires de Napoléon Ier, se chargèrent de cet honneur, la marraine au champagne, le parrain à la… kriek. “C’est un privilège d’être marraine d’un tel bateau, souligne Madame Pauwels. Et j’aime bien la symbolique d’une mise à l’eau. Mon seul regret, c’est que je n’ai pas le pied marin par contre, j’aime bien ramer. Mais je suis les activités de l’Atelier marin depuis plusieurs années, notamment les yoles qu’il a construites précédemment – je rêve d’ailleurs d’une course de yole VUB/ULB. C’est étonnant aussi parce que Nicolas Joschko, le concepteur du bateau, m’a proposé de parrainer la Licorne exactement au moment où la VUB pouvait fêter son premier unicorn”. Un “Unicorn” est ce que les Américains appellent une start-up qui dépasse le milliard de dollars, ce qui était une première en Belgique.

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C’était également un moment de fierté aussi pour Erick Surcouf, le parrain du navire : “Ce parrainage, c’est un bel honneur pour moi. C’est un ami bruxellois qui m’a contacté voici un mois pour me le proposer et cela me touche beaucoup car c’est mon premier parrainage. Et, contrairement aux autres membres de ma famille, je conserve pas mal de souvenirs du corsaire.”

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Prudemment la grue emmenait alors dans les airs le bateau construit en un peu moins de deux ans avant de le déposer délicatement sur l’eau du canal. Nicolas Joschko, surnommé le Joschkommodore, principale cheville ouvrière de ce chantier, inspectait alors le bateau et constatait une minuscule voie d’eau. Le colmatage prit une quinzaine de minutes, après quoi les sangles pouvaient être retirées et le bateau se tenir tout seul. “Il nous faudra encore quatre tonnes de plomb afin qu’il soit parfaitement lesté, avouait-il. Appel est lancé aux bonnes volontés !”

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Administrateur de l’Atelier marin, Philippe Schwartzenberger détaillait la suite du travail : “Nous en avons encore pour environ 2000 heures de travail afin de gréer la Licorne. Mâture, Accastillage, cordage, voilure… tout sera achevé au Bryc puisque ce n’est qu’au niveau du port de plaisance que Bruxelles est considérée comme port de mer, synonyme de navigation avec les mâts. Ce qui est génial avec notre association, c’est que chacun possède des compétences et des talents différents.”

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Les discours de circonstances une fois prononcés, les canons de La Licorne pouvaient alors tonner.