Située à Molenbeek, la Fonderie, le Musée bruxellois des industries et du travail, stocke ses collections et archives sur le site du "Plantin", rue Birmingham à Anderlecht. Mais depuis plusieurs mois, cet entrepôt se détériore : certaines parties du bâtiment semblent menacées d'instabilité et la toiture demeure gravement atteinte par d'énormes trous béants. Pour tenter de préserver leurs collections, les équipes de la Fonderie organisent donc un sauvetage en catastrophe.

Craignant que certaines pièces ne disparaissent, le député bruxellois Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) a interpellé la ministre de la Culture Bénédicte Linard (Ecolo). "Des archives auraient été déplacées, voire contaminées par la présence d’amiante dans le bâtiment, sans que l’on sache exactement à quel endroit elles se trouvent actuellement. De même, les collections du passé industriel bruxellois auraient également été déplacées et il se pourrait même que certaines pièces aient été égarées. En outre, suite à cette situation, la Fonderie a dû abandonner sa participation à un ambitieux projet de recherche relatif à des nouvelles pistes archivistiques et documentaires afin d’aider les acteurs de l’assainissement des sols, de l’aménagement du territoire et de l’agriculture urbaine", déplore-t-il.

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Initialement, le site de stockage du musée devait déménager vers de nouveaux locaux, les anciens Laboratoires Sterops, à Anderlecht. L'opération immobilière est cependant toujours en attente, indique la ministre. En cause : la découverte d'une pollution du sol au niveau de ces laboratoires. "Les services du gouvernement n’ont pas les cartes en mains pour avancer, malgré leur insistance et rappels multiples, ils attendent toujours les attestations nécessaires afin de concrétiser l’opération immobilière."

Elle précise par ailleurs que ce déménagement est prévu de longue date et qu'entre-temps, un moratoire visant à interdire tout nouvel arrivage d'objets ou d'archives tant que le déménagement n'a pas eu lieu a été décrété. "Ce temps de transition, qui devient long, aura pour mérite de permettre au musée de se décharger de bon nombre de pièces sans valeur patrimoniale ou dans un état de détérioration trop avancée. Malgré les aléas qui ralentissent ce déménagement, j’estime qu’il s’agit d’une opportunité pour la Fonderie qui bénéficiera par la suite d’un espace parfaitement adapté de conservation", conclut Bénédicte Linard.