Annemie Drabs, 65 ans, est maître composteur depuis vingt ans. "Avant même que la Région bruxelloise ne parle de compostage", précise cette Heembeekoise depuis 1981. Ce qui fait d'elle une précurseure dans ce domaine. Très vite, son mari Hendrik l'a suivie dans cette démarche de tri de déchets. A deux ils ont installé le premier compost de quartier à côté de chez eux, sentier du verger à Neder-Over-Heembbek. A partir de ce premier compost, ils ont rejoint l'association Worms et ont contribué à la création des six autres composts répartis partout dans le quartier de Heembeek : clos du Craetbos, rue du pâturage (le plus gros), Val Maria, Kruisberg, Meudon et avenue des Croix de guerre. Et trois autres composts ont poussé dans le quartier Mutsaard : Un à Niveoles, un autre à côté de l'école Christ-Roi et le dernier avenue Versailles, dans le quartier du même nom.

Ce dernier est le plus récent. Il n'est même pas encore officiellement en fonctionnement. "Il fait suite à une demande du comité de quartier Projet Versailles et a été réalisé avec les jeunes du quartier, raconte Annemie Drabs. Nous les avons aidé à monter ce compost mais c'est leur projet. Le comité de quartier souhaite, au début, fermer l'accès du compost et former les habitants sur ce qu'ils peuvent mettre dans les bacs".

Pour les autres composts, Annemie et Hendrick ont été beaucoup plus permissifs. Les composts de quartier sont généralement ouverts et donc accessibles à tout le monde. Pour rappel, un compost est composé de plusieurs bacs. On y jette essentiellement ses épluchures de légumes, marcs de café, thé ou coquilles d'œufs. Lorsque qu'un bac est rempli, on transvase son contenu dans le bac suivant et ainsi de suite. Pour que cela ne soit pas trop mouillé, on peut rajouter des copeaux de bois. 

A la fin, dans le dernier bac, les gens peuvent récupérer de la bonne terre. Annemie et Hendrick ont réalisé avec l'aide de Worms des grandes pancartes pour tout expliquer. Elles sont installées au dessus des bacs. Une petite équipe d'une dizaine de personnes s'est réunie autour du couple. "Chaque compost a son responsable mais certains ont moins de temps que d'autres pour s'en occuper. Nous faisions régulièrement le tour de tous les compost pour vérifier les déchets. J'enlève des tartines de pain qui sont souvent jetées à tord dans les bacs". Pour transvaser les bacs et les aérer, Annemie et Hendrick aimeraient des coups de main, soit des gens du quartier motivés par le compostage, soit des employés communaux du service d'espaces verts.